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Afrique: A Paris, Khartoum cherche les moyens d’une sortie de crise

Présentes à Paris, le 17 mai, dans le cadre de la conférence internationale pour le Soudan, les autorités de la transition en place à Khartoum depuis la chute d’Omar Hassan Ahmed el-Béchir, en avril 2019, n’ont pas eu de mots assez forts pour saluer cet événement. Celui-ci permet au pays de réintégrer la communauté internationale…

Abdel Fattah al-Burhan

Présentes à Paris, le 17 mai, dans le cadre de la conférence internationale pour le Soudan, les autorités de la transition en place à Khartoum depuis la chute d’Omar Hassan Ahmed el-Béchir, en avril 2019, n’ont pas eu de mots assez forts pour saluer cet événement. Celui-ci permet au pays de réintégrer la communauté internationale après des décennies chaotiques rythmées par les guerres, notamment dans la province du Darfour, et la dictature militaire. Les tenants du nouveau régime, en l’occurrence Abdel Fattah al-Burhan et Abdallah Hamdok, respectivement président du Conseil de souveraineté soudanais (CSS) et premier ministre, entendaient profiter de cette opportunité pour mobiliser les ressources qui font actuellement cruellement défaut.

Là réside tout le paradoxe de la situation : la révolution politico-culturelle qui s’est jouée à partir de décembre 2018 sur fond de crise économique n’a pas sensiblement amélioré le sort des 42 millions de Soudanais. Le contexte s’est même aggravé avec la pandémie de la Covid19. Avec un Produit national brut par habitants (PNBH) de 440 $, le pays reste l’un des Etats les plus pauvres de la planète, mais aussi le plus endetté. La récession enregistrée depuis trois ans plonge désormais à 8%. De 61% en 2019, l’inflation est grimpée à plus de 230% l’an dernier. L’environnement immédiat, qui voisine avec le Tchad, la République centrafricaine ou la Libye, est des plus perturbés.

Saluée par Emmanuel Macron comme le symbole de « la lutte du peuple pour sa liberté et sa dignité », la révolution soudanaise porte cependant l’espoir d’un changement radical après trente ans de dictature. « Cette conférence est une étape décisive », a insisté le chef de l’Etat français qui fut le premier dirigeant occidental à recevoir Abdallah Hamdok, en septembre 2019, tout en annulant la dette de la France, soit 5 milliards $. « Elle marque le réengagement de toute la communauté internationale à vos côtés car vous avez eu le courage de vous lever et de mener les premières réformes. Cette transition s’offre comme modèle pour le monde », a-t-il insisté depuis le Grand Palais Ephémère situé près du Champs-de-Mars.

Après l’annulation de la dette bilatérale, la France a fait part de sa volonté de solder celle à l’égard du Fonds monétaire international (FMI) en octroyant au Soudan 1,5 milliard $ sous la forme d’un prêt. Une annonce faite par le ministre de l’Economie et des finances, Bruno Le Maire, en début d’après-midi. De son côté, la Banque africaine de développement (BAD) prévoit un réaménagement de sa dette évaluée à 430 millions $. Le Royaume Uni ainsi que les Pays-Bas ont apporté leur contribution pour annuler la dette envers la Banque mondiale.

Ces initiatives doivent permettre au Soudan de réintégrer rapidement les circuits de financements internationaux. Malgré les aléas économiques, « nous marchons dans la bonne direction », a jugé le président al-Burhan avant d’ajouter : « nous sommes fiers du rôle historique joué par les forces armées du pays, qui sont les garantes et le protecteur de la transition démocratique ».

Le premier ministre Hamdok a, quant à lui, déroulé un programme sous forme de promesses parmi les plus ambitieux.  « Nous allons travailler à la paix, à l’éradication de la corruption, aux droits humains, à l’inclusion des femmes et des jeunes, aux libertés publiques et religieuses. Nous avons déjà engagé la réforme de l’appareil sécuritaire et judiciaire ».

En filigrane de ces engagements, l’objectif vise à atteindre le point d’achèvement de l’initiative pour les Pays pauvres très endettés (PPTE) qui permettrait au pays de bénéficier d’un programme de soutien et de relance. « Nous avons hérité d’une situation très compliquée caractérisée par soixante-cinq ans de conflits. Mais nous entamons un voyage plein de défis. Nous sommes déterminés à tourner la page du passé pour connaître une paix durable ainsi que le développement », a conclu le chef du gouvernement au terme de la conférence. A l’instar d’une vingtaine d’autres pays du continent africain, le Soudan participera, le 18 mai, à la conférence sur les nouveaux modes de financement des économies africaines qui doit se tenir sur le même site.

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