La date du 27 mai a été calée entre Paris et Kigali pour une visite à caractère historique d’Emmanuel Macron au Rwanda. A supposer qu’elle se confirme au regard de la situation sanitaire mondiale, le chef de l’Etat français devrait, par cet acte, accentuer le resserrement des liens entre les deux pays. Ce travail avait été inauguré par le déplacement de Nicolas Sarkozy dans la capitale rwandaise, en février 2010, lequel avait permis de sceller la reprise des relations diplomatiques.
Emmanuel Macron entend aller plus loin en permettant à la relation bilatérale de repartir sur de nouvelles bases après le travail de compréhension sur le rôle de la France durant le génocide des tutsis et des hutus «démocrates» entre avril et juillet 1994. Attendu depuis plus de vingt-cinq ans par le Rwanda, ce travail inédit a été rendu possible grâce à la constitution, à la demande du président français, d’une commission d’historiens chargés de faire la lumière sur les implications réelles ou supposées de Paris dans le drame.
Remis le 26 mars par l’historien Vincent Duclert, qui a présidé la mission, le rapport permet pour la première fois de cerner la réalité des errements du commandement politique et militaire à l’œuvre à Paris durant cette période. Si la complicité de génocide n’est pas avérée, le comportement de la France s’est toutefois caractérisé par un «ensemble de responsabilités lourdes et accablantes». Emmanuel Macron procèdera-t-il à des excuses officielles pour ces manquements ? Rien n’est moins sûr. Ce travail permet toutefois de lever les dernières tensions entre les deux capitales. La nomination d’un ambassadeur de part et d’autre dans le cadre de cette visite devrait cristalliser une normalisation définitive. Depuis le rétablissement des relations diplomatiques, les échanges entre les deux pays sont restés du ressort de chargés d’affaires. Avant de se voir à Kigali, Emmanuel Macron et Paul Kagamé deviseront à Paris, les 17 et 18 mais, dans le cadre de la conférence pour les nouveaux outils de financements du développement à laquelle le président rwandais doit participer.



