Relativement mieux épargnées par le Covid-19 que le reste du monde, les populations d’origine africaines sont, en revanche, les premières cibles de la pandémie en Europe, particulièrement en France. Tel est le constat de l’Institut national de la statistiques et des études économiques (Insee) qui, dans une étude documentée publiée en avril dernier, constate un taux de mortalité nettement plus élevé en 2020 pour les personnes nées à l’étranger que pour celles nées en en France.
Alors que le nombre de décès parmi les populations nées en France a cru de 9% en 2020 par rapport à l’année précédente (669.000 cas contre 613.000 en 2019), la hausse des morts chez les populations non originaires de l’Hexagone atteint plus de 17%. «La hausse des décès est la plus forte pour les personnes nées en Afrique», précise l’Insee. Etabli à 21% pour les personnes nées au Maghreb (40.100 morts contre 33.300 en 2019), la progression est plus importante pour les populations nées dans un autre pays africain (7.400 morts contre 5.400 en 2019). Ces tendances se vérifient particulièrement au cours de la période mars/avril 2020, les deux mois de la première vague en France. Durant cette période, les décès chez les personnes nées au Maghreb ont plus que doublé par rapport à 2019 (8300 contre 5.400 en mars/avril 2019). 2000 ressortissants d’Afrique sub-saharienne sont morts au cours des mêmes mois en 2020 contre 900 un an plus tôt, soit une hausse de 114%. La première vague a été particulièrement meurtrière pour les personnes nées à l’étranger et habitant en Ile de France (+93% en mars/avril 2020 par rapport à la même période de 2019).
Les tendances sont également très fortes pour les personnes nées hors de France âgées de moins de 65 ans. La hausse est de 31% entre mars-avril 2019 et mars-avril 2020 pour les Maghrébins et 101% pour les subsahariens. L’Insee, qui base ses travaux sur les statistiques des états civils pour les années considérées, ne fait pas pour autant de rapprochement avec les conditions de vie des populations considérées en raison d’n manque de données suffisantes. On peut cependant pointer le pouvoir d’achat généralement bas de ces populations et son cortège de conséquences comme l’exiguïté des logements ou l’obligation d’emprunter les transports en commun faute de véhicule. Ces facteurs de promiscuité pourraient expliquer une surmortalité spécifique chez les personnes étrangères d’origine africaine.




