La disparition d’Idriss Deby Itno, le 20 avril, a débouché sur une transition mettant en scène le général Mahamat Idriss Deby, 37 ans, l’un des nombreux fils du président disparu. Surnommé « Kaka » ce dernier est, comme son père, un militaire pur jus mais aussi l’un des rouages centraux du clan Zaghawa au pouvoir depuis plus de trente ans.
Avant d’être propulsé à la tête du Conseil militaire de transition (CMT), il dirigeait la puissante Direction générale de service de sécurité des institutions de l’Etat (DGSSIE). Forte de plusieurs milliers d’hommes aguerris et suréquipés, cette garde prétorienne, héritière de la Garde Présidentielle bâtie sur une base ethnique, était le cœur du régime du défunt président. Elle est aux avant-postes de la lutte anti-djihadiste mais aussi des combats contre les multiples rébellions inquiétant le régime de N’Djaména ces dernières années.
Formé au Tchad mais aussi au lycée militaire d’Aix en Provence, dans le sud de la France, Mahamat Idriss Deby a été en opération lors de l’attaque des colonnes de l’Union des forces de la résistance (UFR), coalition de mouvements rebelles dirigée par Timan Erdimi, en 2009. La DGSSIE est par ailleurs chargée de la sécurité du Palais Rose. Mahamat Idriss Itno a par ailleurs été en opération au Mali au sein des Forces armées tchadiennes en intervention au Mali (Fatim) venues en appui à l’opération française Serval.
A la tête du CMT, le fils d’Idriss Deby Itno a reçu les pleins-pouvoirs pour piloter la transition d’une durée théorique de 18 mois. Toutes les institutions du pays, dont le Parlement, ont été suspendues. Un gouvernement sous tutelle du CMT doit être constitué dans les prochaines heures. A l’image de Joseph Kabila lorsque ce dernier a succédé à son père, Laurent-Désiré Kabila, en 2001, Mahamat Idriss Deby est entouré de généraux, au total quinze personnalités galonnées qui formaient l’architecture de l’ancien système. Il s’agit notamment du chef d’Etat-major et général des Armées Abakar Abdelkerim Daoud ; du directeur du renseignement militaire, Tahir Erda Taïro ou encore des ministres sortants de la sécurité et des Armées.
Reste à savoir si le nouvel homme fort du Tchad parviendra à assurer la transition vers « des élections démocratiques et transparentes » comme le CMT s’y est engagé. Idriss Deby Itno est décédé alors que de multiples tensions apparaissaient déjà, ces derniers mois, au sein de son régime absolutiste. Il n’est pas assuré qu’il puisse parvenir à en maintenir la cohésion et l’unité sur une transition aussi longue et déjà contestée par l’ensemble de l’opposition tchadienne.




