Alors qu’elle a fait du Tchad le nœud névralgique de la lutte anti- terroriste au Sahel, la disparition du président Idriss Deby Itno, le 20 avril, est un coup dur pour la France. Allié historique de Paris le président tué dans les combats avec la rébellion du Front pour la concorde et l’alternance du Tchad (Fact), selon le Conseil militaire de transition (CMT), la nouvelle instance dirigeante du pays, représentait un indéniable point de stabilité dans une zone soumise à la pression des groupes djihadistes mais aussi du mouvement nigérian Boko Haram.
Lors du sommet du G5 Sahel organisé à Ndjaména, en février dernier, Idriss Deby Itno avait une nouvelle fois mis ses troupes à contribution dans la lutte anti-djihadiste en promettant l’envoi d’un bataillon de 1200 hommes au Mali. Un effort salué par Emmanuel Macron. Dans un communiqué publié en début d’après-midi, l’Elysée affirme avoir appris «avec émotion» le décès du président tchadien. «Le Tchad perd un grand soldat et un président qui a œuvré sans relâche pour la sécurité du pays et la stabilité de la région», affirme le texte qui ajoute, sans jamais évoquer la situation intérieure du pays, que «la France perd un ami courageux». Alors que le coup d’Etat du CMT ne soulève pas d’avantage de commentaires de la présidence française, celle-ci «prend acte de la mise en place d’un conseil militaire». Elle souligne, enfin, «l’importance d’une transition pacifique, dans un esprit de dialogue avec tous les acteurs politiques et de la société civile pour un retour rapide à une gouvernance inclusive».



