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Cameroun: le ministère des Finances se fait rembourser par les fonctionnaires morts

En ces temps de vaches maigres, le ministre camerounais de l’Economie et des Finances, Louis Paul Motaze, poursuit l’assainissement du fichier Solde de l’Etat en s’intéressant aux cas des fonctionnaires décédés qui ont continué à recevoir leurs salaires. Près de 8,3 milliards de FCFA devront être récupérés auprès de ces derniers. Déjà au 31 janvier,…

En ces temps de vaches maigres, le ministre camerounais de l’Economie et des Finances, Louis Paul Motaze, poursuit l’assainissement du fichier Solde de l’Etat en s’intéressant aux cas des fonctionnaires décédés qui ont continué à recevoir leurs salaires. Près de 8,3 milliards de FCFA devront être récupérés auprès de ces derniers. Déjà au 31 janvier, le Trésor public a perçu 12,6 milliards de francs CFA auprès des comptes bancaires des défunts. Certaines banques comme la BICEC et la SCB Cameroun n’ont cédé qu’après moult pressions. D’autres institutions financières évoquent à mi-mot une opération de recouvrement au forceps. Le Cameroon Postal Services a au préalable opposé à l’Etat le paiement de ses propres arriérés avant de libérer 1,27 milliards de FCFA logés dans les comptes des fonctionnaires décédés. Ces montants virés aux fonctionnaires décédés, parfois sur plusieurs exercices, montrent les failles du fichier Solde de l’Etat camerounais.

Sur un autre front, le ministère camerounais des Finances avait soustrait du Solde environ 10 000 fonctionnaires fictifs, réalisant une économie annuelle de 30 milliards de FCFA. La fièvre de l’assainissement concerne aussi les retraités appelés à montrer patte blanche. Ainsi, environ 3000 pensionnaires soupçonnés d’avoir perçu des montants indus ont été auditionnés à la fin 2020. Reste à savoir si, dans son élan, le ministère de l’Economie et des Finances décrétera la rationnalisation de la procédure d’achat des biens et services au sein de l’administration publique ce qui, aux yeux des observateurs, constituerait la vraie opération de transparence.

Derrière cette opération coup de poing, il y a l’exigence ferme du FMI qui conditionne tout décaissement dans le cadre de son nouvel accord de financement à l’audit de gestion des 135 milliards de FCFA (environ 243 millions de dollars) débloqués en mai 2020, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

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