Lors d’une audience ce 13 avril, la chambre d’instruction du tribunal militaire d’Ouagadougou a renvoyé en jugement le dossier concernant les charges qui pèsent sur Blaise Compaoré dans l’assassinat de son «frère d’armes», Thomas Sankara, le 15 octobre 1987. Il appartient désormais au procureur militaire d’établir une date pour la tenue d’un procès de l’ancien président, qui a régné sur le pays de 1987 à son renversement en octobre 2014.
Accusé «d’attentat à la sureté de l’Etat» et de « complicité de recel de cadavre », Blaise Compaoré ne devrait cependant pas être physiquement présent malgré l’émission probable d’un mandat d’amener. Exilé à Abidjan depuis sa chute, ce dernier bénéficie de la nationalité ivoirienne qui le prémunit d’une extradition vers le Burkina Faso. D’autres personnalités étaient concernées par la même procédure, mais elles sont décédées. Selon le compte-rendu d’audience que Financial Afrik s’est procuré, il s’agit de soldats et d’officiers tels Gabriel Tamini, Omar Traoré ; Moussa Tamboura ou encore Gérard Dabone.
Parmi les accusés qui devront également répondre d’attentat à la sureté de l’Etat dans le cadre de cette même affaire, figurent le colonel et ancien ministre des Sports, Jean-Pierre Palm, ainsi que Gilbert Diendéré, chef d’Etat-major de l’armée durant le putsch de 1978, devenu par la suite le chef d’Etat-major particulier de Blaise Compaoré. Il purge actuellement une peine de 20 ans de prison après sa tentative avortée de coup d’Etat en septembre 2015.




