L’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, est donc sorti libre des griffes de la Cour Pénale Internationale (CPI). Les juges ont rejeté l’appel de la procureure de la CPI contre la décision de la chambre qui avait acquitté l’ex-président et son ancien ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé. Après dix ans de procédures, le « boulanger politique » a désormais le droit de rentrer chez lui, en Côte d’Ivoire, comme a eu à le clarifier le président Alassane Ouattara.
Ainsi, la paix et la stabilité du pays ont prévalu sur les affaires judiciaires pendantes. En foulant les berges de la lagune Ebrié, le leader historique du Front Populaire Ivoirien (FPI) aura droit à un traitement mensuel de 10 millions de FCFA (15 267 euros), ainsi que des frais de traitement mensuel, débours et frais de bouche de l’ordre de 20 millions de FCFA selon les indiscrétions. De plus, l’Etat ivoirien prendra en charge sa sécurité et le personnel affecté à sa charge. L’on se rappelle qu’en décembre 2011, lors de ses premières auditions avec la greffe de la Cour Pénale, le leader nationaliste avait été déclaré « indigent », ce alors qu’une fuite de source judiciaire évoquait la présence d’un compte bancaire crédité de 741 millions de FCFA (1,13 millions d’euros) logés à la Société Générale. La justice ivoirienne qui poursuivait l’ex président pour crimes économiques avait gelé son compte au tout début des procédures. La grâce qui sera nécessairement prononcée par Alassane Ouattara pour blanchir Laurent Gbagbo de la casse supposée* d’une agence de la BCEAO (pour laquelle il a été condamné, en son absence, par la justice ivoirienne) permettra-t-il à l’homme politique de rentrer dans ses fonds ?
* Le 18 juillet 2018, l’ex-chef de l’État ivoirien Laurent Gbagbo et des personnalités ivoiriennes, à savoir, Gilbert Aké N’Gbo, Désiré Dallo Justin Koné Katinan avaient été condamnés à 20 ans de prison et 329 milliards FCFA d’amende, dans l’affaire du « braquage » de l’Agence nationale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et de plusieurs banques commerciales pendant la crise post-électorale ivoirienne. La Cour n’avait, toutefois pas délivré de mandat de dépôt.
