Toujours extrêmement fragilisée par le contrôle des trois-quarts du territoire par les groupes armés, la situation de la République centrafricaine inquiète les Nations Unies. Le 31 mars, un panel d’experts de l’Onu présidé par Jelena Aparac, a pointé dans un rapport la progression exponentielle des activités russes dans le pays ainsi que le rôle de Moscou dans plusieurs attaques armées depuis la présidentielle de décembre dernier.
La présence de plusieurs sociétés en tête desquelles Wagner ou encore Sewa Security Services et Lobaye Invest Sarlu, détentrice de plusieurs permis de recherche aurifère, sont pointées du doigt. Les experts onusiens ont notamment établi une connexion directe entre ces intérêts privés et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca). Le rapport fait notamment état de plusieurs réunions de cette mission onusienne en présence de conseillers russes au sein même de ses bases.
« Cette indistinction entre les opérations civiles, militaires et le maintien de la paix crée une confusion quant aux cibles légitimes et augmente les risques de violation généralisée des droits de l’homme et du droit humanitaire », estime les experts qui font par ailleurs état d’atteintes graves aux droits de l’homme par les éléments de ces sociétés lors d’opérations menées par les Forces armées centrafricaines (Faca) mais aussi la Minusca. L’association et la participation de mercenaires aux actions de la mission onusienne sont d’autant plus vivement critiquées qu’elles sont parfaitement illégales. L’Onu rappelle l’obligation faite aux « partenaires internationaux » présents sur le terrain de rendre des comptes sur leurs actions conformément au droit international. A ce jour, aucune enquête n’a été diligentée par le pouvoir centrafricain sur les violences commises durant le processus électoral ayant permis la tenue du scrutin présidentiel et législatif.




