Le taux d’inflation au Sénégal s’est accéléré au terme de l’année 2020 en atteignant 2,5% contre 1,0% en 2019, selon la Note sur l’évolution annuelle de l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) élaborée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). basée à Dakar
« Cette évolution est tirée essentiellement par le renchérissement des services de transports (+4,2%), des produits alimentaires (+3,3%), des services de restaurants et hôtels (+2,0%), ainsi que ceux des biens et services divers (+1,3%) », précise l’ANSD.
Selon cette structure, ces secteurs ont été les plus impactés du fait notamment des mesures de restriction adoptées pour faire face à une crise sanitaire sans précédent (le Covid-19).
« Les prix à la consommation en 2020 ont connu un relèvement dès le mois de mars 2020 qui s’est poursuivi jusqu’au mois d’avril 2020 », signale l’ANSD qui ajoute qu’ils ont ensuite subi une détente de mai à juin avant d’entamer une phase croissante de juillet à octobre 2020. Enfin, l’indice a enregistré une tendance baissière au cours des deux derniers mois de l’année sous revue.
L’analyse de l’évolution des 12 fonctions de consommation révèle qu’ellesont différemment contribué à la variation du niveau général des prix au cours de l’année 2020, en liaison avec leur poids dans le panier de l’indice et l’amplitude des mouvements de prix.
Les prix des services de transports se sont ainsi accrus de 4,2% durant l’année 2020 comparés à 2019 et ont contribué pour 8,9% à la hausse du niveau général des prix. « Cette résurgence des tensions inflationnistes résulte principalement d’une augmentation des prix des services de transport (+5,2%) et des dépenses d’utilisation des véhicules (+3,2%) », souligne l’ANSD.
Concernant les prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, ils ont augmenté en moyenne de 3,3% et ont contribué pour 67,7% à la hausse du niveau global des prix au cours de la période sous revue. Cette montée des prix a résulté d’un renchérissement des poissons frais (+10,3%), des céréales non transformées (+6,8%), des légumes frais en feuilles (+6,5%) ainsi que des légumes secs et oléagineux (+6,2%).
De même, le relèvement des prix des fruits frais (+4,8%) et des agrumes (+3,2%), des denrées de grande consommation, telles que les huiles (+3,2%), la viande de boeuf (+2,2%) et de mouton (+2,1%) a contribué à la hausse des prix des produits alimentaires.
De leur côté, les services de restaurants et hôtels se sont renchéris de 2,0% en variation annuelle, en raison d’un accroissement des prix des services de restauration (+2,1%) et ceux des services d’hébergement (+0,3%). Selon l’ANSD, l’accroissement des prix des services de restauration est lié à celui des prix des services de restaurants, cafés et établissements similaires (+1,9%) et des cantines (+3,2%).
La contribution de cette fonction à l’évolution du niveau général des prix en 2020 est de 3,0%.
En variation annuelle, les prix des biens et services divers ont progressé de 1,3% du fait essentiellement d’un renchérissement des effets personnels (+5,0%) porté particulièrement par la hausse des prix des articles de bijouterie et d’horlogerie (+6,8%) et des autres effets personnels (+2,1%).
L’ANSD avance que l’évolution des prix des articles de bijouterie et d’horlogerie a subi les effets de la conjoncture internationale qui ont entrainé la flambée des cours de certains métaux, tels que l’or. L’or a en effet confirmé son statut de valeur refuge, a vu ses cours exploser de +27,1% depuis le début de la pandémie de Covid-19.
Les prix des services de soins corporels (+0,5%) ont également concouru à cette inflation sous le sillage d’une augmentation de ceux des appareils et articles pour soins corporels (+1,4%) et des produits pour soins corporels (+0,2%).
Une majoration de 1,1% des prix de la communication a été relevée en 2020, induite par une augmentation de ceux des services de la communication téléphonique (+1,8%) et des frais de connexion internet et assimilés (+2,1%). Par contre, les prix du matériel de téléphonie et de télécopie (-0,6%) ont reculé au cours de la période sous revue.
En 2020, le secteur de la santé a vu ses prix s’accroitre de 1,0%. Toutes ses composantes ont enregistré un renchérissement : les produits, appareils et matériels médicaux (+1,3%), les services hospitaliers (+0,8%) et les services ambulatoires (+0,7%). L’évolution des prix des produits, appareils et matériels médicaux résulte particulièrement de la progression de ceux des médicaments traditionnels (+8,0%), des produits médicaux divers (+1,0%) et des médicaments modernes (+0,4%). S’agissant des coûts des services hospitaliers, l’ANSD note que leur tendance haussière est liée à celle des services des auxiliaires médicaux (+2,9%) ainsi que des services de laboratoires et de radiologie (+1,5%).
Les biens et services de la fonction Santé ont contribué à hauteur de 1,6% au niveau atteint par l’indice global.
Quant aux prix des services de l’enseignement, ils se sont relevés de 1,0% sur un an. Les hausses de prix les plus importantes sont enregistrées au niveau de ceux des services de l’enseignement supérieur (+3,0%) et du secondaire (+1,7%). Les frais des services de l’enseignement préélémentaire et primaire (+0,4%), ainsi que ceux de l’enseignement post-secondaire non supérieur et enseignement non défini par niveau (+0,6%) ont également augmenté au cours de la période sous revue.
II.8 Une montée des prix des services de logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles
En ce qui les concerne, les prix des services de logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles se sont majorés de 0,9%. Cette majoration provient en grande partie de celle des loyers effectifs (+2,1%), ainsi que des prix de l’électricité, gaz et autres combustibles (+1,6%). Selon l’ANSD, la hausse des loyers s’est poursuivie en 2020, après une progression de 1,0% en 2019, face à une demande de plus en plus pressante. Concernant l’électricité, gaz et autres combustibles, leur renchérissement est porté par le plein effet de la hausse des tarifs de l’électricité intervenue en décembre 2019. Comparativement à leur niveau de 2019, les prix de l’électricité ont progressé de 5,3%.
Les meubles, articles de ménage et entretien courant du foyer ont vu leurs prix se renforcer de 0,9%, sous l’effet essentiellement d’une hausse de ceux des meubles, articles d’ameublement, tapis et autres revêtement (+1,4%), des appareils ménagers (+1,1%), ainsi que des articles de ménage en textiles (+1,1%). Il faut dire que la propagation de la Covid-19 a bouleversé les secteurs artisanaux et industriels, entrainant des difficultés d’approvisionnement dans le monde.
La contribution de cette fonction à la variation de l’indice d’ensemble est de +1,7%.
Que dire des prix des services de loisirs et culture ? Selon la note de l’ANSD, ils ont augmenté de 0,4% en 2020 comparés à leur niveau de l’année précédente. Cette inflation est tirée en grande partie par le niveau des prix des services de forfait et circuits touristiques (+1,8%), des autres articles et matériel de loisirs, de jardinage et animaux (+0,6%), ainsi que des services récréatifs et culturels (+0,4%).
Toutefois, les prix du matériel audiovisuel, photographique et de traitement de l’image et du son ont poursuivi leur repli (-0,3%). Cette baisse des prix résulte particulièrement de celle des prix des appareils de réception, enregistrement et reproduction (-0,2%), ainsi que du matériel de traitement de l’information et supports d’enregistrement de l’image et du son (-0,3%). De même, les prix des journaux, livres et articles de papeterie (-0,3%) ont reculé au cours de la période sous revue.
Les prix des articles d’habillement et chaussures ont, de leur côté, grimpé de 0,3% en rythme annuel du fait d’une augmentation des prix des articles d’habillement (+0,4%). Les hausses les plus importantes sont enregistrées au niveau des prix des vêtements de dessus pour hommes (+2,0%), pour enfants et nourrissons (+1,3%) et pour femmes (+1,0%) ainsi que des sous-vêtements pour hommes (+2,1%) et pour femmes (+2,0%).
Quant aux chaussures, leurs prix ont reculé de 0,4%, à cause principalement du repli de ceux des chaussures pour enfants (-1,4%) et des femmes (-0,5%).
La fonction a contribué à hauteur de +0,8% à la variation du niveau général des prix.
Une progression de 0,3% est notée au niveau des prix des boissons alcoolisées, tabacs et stupéfiants en 2020. Cette hausse est plus portée par un renchérissement des tabacs et stupéfiants (+0,5%). Egalement, les prix des boissons alcoolisées ont légèrement augmenté de 0,1%, du fait d’une hausse de ceux du vin et boissons fermentées (+1,1%) et de l’alcool de bouche (+0,5%). Toutefois, ils ont été amoindris par le repli de 0,9% des prix de la bière.
Selon l’ANSD, la fonction a contribué faiblement (+0,1%) à la hausse annuelle des prix à la consommation au Sénégal.
Au regard de la provenance des produits, les prix des produits locaux (+2,6%) et ceux des produits importés (+1,8%) ont progressé en rythme annuel au cours de la période sous revue. Devant une conjoncture internationale difficile, aucun secteur n’a été épargné en 2020. Le renchérissement des produits a concerné autant les produits locaux qu’importés. « L’accroissement des prix des produits locaux est lié particulièrement à celui des prix des produits alimentaires, des services de transports, de l’électricité, de logement, de l’enseignement, de restaurants, ainsi que des biens et services divers »note l’ANSD. Par ailleurs, les prix des produits importés sont tirés particulièrement par le mouvement haussier de ceux de certains produits alimentaires importés, tels que le riz, les carburants, ainsi que certains articles d’habillement.
L’inflation sous-jacente, mesurée par l’évolution des prix hors produits frais et énergie, a augmenté de 1,5% en moyenne, comparativement à l’année 2019.
