L’ancien patron de Crédit Suisse a réussi son coup de bluff en levant de l’argent à travers un SPAC, sorte de société chèque en blanc introduite en Bourse avec comme seul actif les CV et la réputation de ses initiateurs. Le Special purpose acquisition company(Spac) de Tidjane Thiam, lancé début février 2021, avec le tambour médiatique qui accompagne habituellement les faits et gestes de l’ancien CEO de Prudential, répond au nom de « Freedom Acquisition Corp ». Monté avec l’appui de Pimco, l’un des principaux gestionnaires de placements à revenu fixe au monde, et de deux compères, à savoir Adam Gishen, et Abhishek Bhatia, ce véhicule a l’objectif d’investir dans les pays émergents.
A noter que Adam Gishen est un fidèle des fidèles de Tidjane Thiam, qui l’avait ramené dans ses bagages en quittant la tamise pour le lac Léman. Cette quasi-doublure de Thiam depuis Prudential à Londres, occupera le poste de directeur général de la nouvelle société. Chez Credit Suisse depuis 2015, Gishen était le tout puissant conseiller principal du PDG, responsable des relations avec les investisseurs, de la communication d’entreprise, du marketing et de l’image de marque jusqu’au scandale de l’espionnage du Crédit Suisse qui l’emportera, lui et son mentor.
L’autre compère dans cette bande à trois est Abhishek Bhatia, autre ancien manager de Prudential, appelé pour officier au conseil d’administration. Jusqu’à récemment officiant à la société d’insurtech asiatique FWD Group (2015-2020), à Singapour, Abhishek Bhatia constitue la touche asiatique de ce véhicule qui avance la lorgnette orientée vers le monde émergent. Pour sûr, à Wall Street, marché tourné vers l’avenir, le passif accumulé dans le scandale de l’espionnage du Crédit Suisse ne devrait pas avoir d’effet sur Tidjane Thiam qui a, somme toute, bien réussi son coup de bluff. Du moins sur le plan médiatique. En attendant, la sanction du marché.
