Dans un jugement du 2 mars dont Financial Afrik a obtenu la copie, le Tribunal de commerce de Paris n’a pas fait droit à la demande de Sipromad et de sa filiale française Phenixya d’obtenir la restitution d’un million € déposé, en guise d’acompte, dans le cadre du rachat de la chaîne Africanews, propriété d’Euronews depuis 2016. En 2018, le groupe Sipromad de l’homme d’affaires franco-malgache Ylias Akbaraly avait approché Euronews alors désireuse de céder la chaîne panafricaine située à Brazzaville. Via Phenixya, les parties avaient trouvé un accord, en juin 2019, pour racheter 100% des titres d’une holding de reprise à hauteur de 7,5 millions € et pour apporter 2 millions € supplémentaires dans le cadre d’une augmentation du capital d’Africanews. Le contrat est entré en vigueur en août 2019 après extinction des conditions suspensives. Or, Sipromad a notifié son impossibilité de réunir les fonds nécessaires avant octobre de la même année. Elle a toutefois versé 1 million € sur un compte de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes afin d’accompagner l’augmentation de capital.
Un contentieux est apparu entretemps entre les deux parties, l’Etat congolais se manifestant par la voie de Thierry Moungalla, ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement, pour revendiquer des droits liant Brazzaville à Africanews. Cette intervention a aussitôt encouragé Sipromad, défendue par le cabinet Stas et Associés (Szpiner, Toby, Ayela, Semerdjian), à dénoncer son contrat tout en assignant Euronews pour recouvrer le million € versé.
De son côté Euronews veut faire valoir l’exécution du contrat signé en 2019. Ses avocats dont Dominique Bordes (cabinet Rossi Bordes) et Caroline Wasserman entendent démontrer les manœuvres dilatoires de Sipromad qui, depuis son rapprochement avec la chaîne, n’a pas apporté la preuve qu’il disposait des financements nécessaires à la réalisation du rachat d’Africanews.
Alors que Sipromad demandait la restitution du million € versé, le Tribunal de commerce de Paris a décidé de placer cette somme sous séquestre dans l’attente du procès au fond.




