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France/Afrique : Vincent Bolloré vers un procès ?

L’étau judiciaire se resserre autour de Vincent Bolloré, 17 ème fortune de France, inquiété pour ses affaires africaines notamment au Togo et en Guinée. L’homme d’affaires a été entendu le 26 février dans la matinée par Isabelle Prévost-Deprez, présidente du tribunal judiciaire de Paris. Cette audition entrait dans le cadre de sa mise en examen,…

L’étau judiciaire se resserre autour de Vincent Bolloré, 17 ème fortune de France, inquiété pour ses affaires africaines notamment au Togo et en Guinée. L’homme d’affaires a été entendu le 26 février dans la matinée par Isabelle Prévost-Deprez, présidente du tribunal judiciaire de Paris. Cette audition entrait dans le cadre de sa mise en examen, en 2018, à la suite d’une garde à vue, dans une affaire supposée de corruption active dans ces deux pays à la suite de l’attribution de la gestion des ports autonomes de Conakry et de Lomé.


Vincent Bolloré a décidé de plaider coupable des faits qui lui sont reprochés et d’acquitter 375.000 € d’amende exigée par le Parquet national financier (PNF). Cette procédure appelée Comparution avec reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sorte de plaider-coupable américain, avait pour objectif de libérer le fondateur du groupe Bolloré, tout comme son DG, Gilles Alix, ainsi que Jean-Philippe Dorent, DG de l’agence de communication Havas, filiale de Bolloré, de la perspective d’un procès pour corruption et abus de confiance. Dans une décision inattendue, la juge a toutefois rejeté cette demande, estimant un procès «nécessaire» dans ce dossier tout en jugeant les peines «inadaptées».

Selon Isabelle Prévost-Deprez, les faits «ont gravement porté atteinte à l’ordre public économique». Il appartient désormais à un magistrat d’ordonner ou pas la tenue d’une audience devant le Tribunal correctionnel. Il est reproché à l’industriel d’avoir financé via Havas les campagnes présidentielles d’Alpha Condé et de Faure Gnassingbé en 2010 moyennant, en contrepartie, l’attribution des concessions de gestion et d’exploitation de Conakry et de Lomé à Bolloré Africa Logistics (BAL).

Si elle a rejeté la demande de CRPC, la juge a par contre validé la convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) visant le groupe Bolloré, qui prévoit une amende de 12 millions d’euros. La société s’est engagée à verser cette amende « au Trésor public sous dix jours », a précisé le Parquet national financier dans un communiqué. A cette amende s’ajoute le provisionnement de 4 millions d’euros pour assumer le coût d’un programme de mise en conformité aux règles de l’Agence française anticorruption (AFA), qui réalisera un suivi pendant deux ans, selon les termes de la CJIP

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