Le déficit budgétaire du Sénégal s’est fortement creusé de 477,30 milliards de FCFA (715,950 millions d’euros) à fin décembre 2020 comparé à la même période de l’année 2019, selon les données établies par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE) basée à Dakar.
Ce déficit budgétaire est estimé par la DPEE à 1006,20 milliards de FCFA durant la période sous revue contre 528,90 milliards de FCFA à fin décembre 2019. Cette forte hausse est consécutive à une exécution soutenue des dépenses publiques associée à une baisse de la mobilisation des ressources internes.
Les ressources mobilisées sont évaluées à 2690,10 milliards de FCFA, soit un repli de 3,5% par rapport à fin 2019. Ellessont composées de recettes budgétaires (2373,1 milliards), de dons (296,8 milliards) et de recettes exceptionnelles (20,2 milliards). « La contraction de ces ressources s’explique par la baisse des recettes budgétaires (-7,5%), atténuée par la hausse des dons (+32,2%) », souligne la DPEE.
Quant au repli des recettes budgétaires, il est attribuable aussi bien aux recettes fiscales qu’aux recettes non fiscales qui ont affiché des baisses respectives de 7,0% et 14,1% pour s’établir à 2240,6 milliards de FCFA et 132,5 milliards de FCFA. Pour sa part, la baisse des recouvrements des recettes fiscales traduit essentiellement la faible mobilisation des impôts directs, des impôts indirects et des droits d’enregistrement et timbre qui se sont repliés respectivement de 17,5 milliards, 197,6 milliards et 7 milliards sur la période.
Selon la DPEE, ces diminutions sont perceptibles au niveau de la mobilisation de l’impôt sur les sociétés (224,4 milliards), de l’impôt sur le revenu (403,9 milliards), de la TVA intérieure y compris pétrole (319,7 milliards) et des taxes spécifiques (203,8 milliards) qui se sont respectivement contractés de 0,9 milliard, 19,2 milliards, 54,8 milliards et 15 milliards.
De même, les droits et taxes mobilisés par la Douane sénégalaise, notamment, la TVA import (426,3 milliards) et les droits de porte (286,9 milliards) se sont inscrits sur cette dynamique avec des baisses respectives de 13,2% et 12,4%. Par ailleurs, signale la DPEE, les taxes rapatriées que sont le Prélèvement de soutien au secteur de l’énergie (PSE) et le Conseil sénégalais des chargeurs (COSEC), suivent également cette tendance et sont estimées à 35,5 milliards de FCFA avec des diminutions respectives de 3,7 milliards et 1,3 milliard. En revanche, le Fonds de sécurisation des importations des produits pétroliers (FSIPP) a atténué cette tendance baissière avec une hausse de 52,6 milliards (+230,9%).
Concernant les dépenses budgétaires, la DPEE les a évaluées à 3693,30 milliards de FCFA à fin décembre 2020 contre 3318 milliards de FCFA, un an auparavant, soit une hausse de 378,3 milliards de FCFA. « Cette situation reflète une progression des dépenses courantes, notamment, la masse salariale et les autres dépenses de fonctionnement ainsi que les investissements et les intérêts », précise la DPEE. Les autres dépenses de fonctionnement et la masse salariale ont ainsi enregistré des hausses respectives de 19,2% et 10,6% pour atteindre 1283,3 milliards de FCFA et 823,2 milliards de FCFA. De même, les intérêts sur la dette se sont inscris en hausse de 6,4%, pour s’établir à 288,7 milliards de FCFA.
Pour ce qui est des dépenses d’investissement, elles sont estimées à 1301,1 milliards de FCFA, en hausse de 6,1%, à la faveur des investissements financés sur ressources intérieures (774,3 milliards). Ceux financés sur ressources extérieures de 526,8 milliards se sont repliés de 12,2%, comparativement à la même période en 2019.
