Argent et pouvoir, influence et confluence. Financial Afrik a suivi au pas Claude Guéant (ici à gauche dans une photo mythique avec feu Kadafi et Nicolas Sarkozy) dans les palais présidentiels africains. Enquête.
Comme nombre de ses condisciples, Claude Guéant a fait de l’Afrique le terreau fertile de ses activités d’avocats d’affaires. Reconverti dans le privé dès la fin du mandat de Nicolas Sarkozy à la tête de son cabinet Guéant Avocat, l’ancien secrétaire général de l’Elysée et ancien ministre de l’Intérieur met à profit ses relations avec plusieurs dignitaires du continent pour faire fructifier son business.
Fin 2020, il se trouvait encore en République démocratique du Congo (RDC) pour pousser les intérêts de la société belge Arcode-Europe. Cette appétence pour les activités de conseil embrasse tous les secteurs et tous les domaines. Dès 2012, Claude Guéant, visé par l’enquête sur le supposé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, a tenté d’entrer sur le volet équatoguinéen du dossier dit des « Biens Mal Acquis » en s’entretenant, à Malabo, avec Obiang Nguema Mbasogo à la suite du mandat d’arrêt lancé contre « Teodorin », le fils du président équatoguinéen visé dans cette affaire. Cette visite sur l’île de Bioko est parallèlement utilisée pour présenter la société Geci, spécialisé dans le transport aérien.
On retrouve Claude Guéant quelques semaines plus tard à l’ambassade du Sénégal en France pour échanger avec le président Macky Sall, à Abidjan pour dîner avec Alassane Ouattara ou encore au Gabon. A Libreville, l’ancien préfet s’entretient avec Ali Bongo au Palais du bord de mer dans le cadre d’un contentieux entre ce pays et la société belge de confection de documents biométriques, Semlex. Dès que cela lui est possible il est accompagné par son gendre, le banquier Jean-Charles Charki fondateur de la société de conseils Iota.
Cette recherche de contrats incite enfin Claude Guéant à représenter les intérêts d’autres pays que la France voire des pays ouvertement concurrents de l’Hexagone en Afrique à l’image de la Chine. En 2017, à l’occasion d’un nouveau voyage en Côte d’Ivoire il sert de poisson pilote dans le pays à une mission du groupe de construction chinois Citic, désireux d’investir dans le logement social. Un entretien est alors calé le premier ministre Amadou Gon Coulibaly.




