Symbole de l’arbitraire du régime Biya après avoir injustement purgé 17 ans de prison dans son pays, Michel Thierry Atangana a été condamné, le 7 décembre dernier, à rembourser une créance de 378.000 €. Une coquette somme empruntée après sa libération, en 2014, à l’ancienne consule de France à Yaoundé, Astride Cheminel, amie attendrie par « le statut de victime », selon son expression, de l’ancien chargé de mission au secrétariat général de la présidence camerounaise.
Ce prêt a fait l’objet d’une reconnaissance de dettes signée, en octobre 2017. Michel ThierryAtangana, qui s’est vu attribuer la nationalité française après son mariage, s’engage à tout restituer un an plus tard. Mais à la date butoir, rien. Aucune nouvelle, ni aucun signe permettant de constater un début de remboursement. Plusieurs moratoires sont par la suite accordés par Astride Cheminel, lesquels ne seront jamais respectés obligeant cette dernière à se tourner vers les tribunaux, en mai 2019.
A l’appui de sa défense Michel Thierry Atangana justifie sa bonne foi etl’impossibilité de reverser cette somme en raison du gel de ses comptes tant en France qu’au Cameroun, où il n’est toujours pas réhabilité. Selon le jugement dont Financial Afrik a obtenu la copie, celui qui sa créancière dépeint comme « un personnage trouble » dispose jusqu’à décembre 2021 pour éteindre sa dette.
Accusé de détournements de fonds publics dans le cadre de l’opération anti-corruption Epervier, Michel Thierry Atangana avait constamment clamé son innocence. Comités de soutien et collectifs d’avocats s’étaient créés autour de son nom. Une pressionconstante, notamment de François Hollande sur Paul Biya, avait permis sa libération par décret présidentiel, en février 2014 après la reconnaissance du caractère illégitime de sa détention par les Nations unies.




