Les propos sont graves. “Si le président de l’UNC, Vital Kamerhe est aujourd’hui en prison, c”est l’œuvre du Front commun pour le Congo (FCC). Il a été neutralisé par le FCC. C’est le premier-ministre et ministre de la justice qui avait mis le point à l’ordre du jour; et c’est lui qui avait impliqué tout le monde pour que ce procès commence. Ça, l’opinion ne l’a jamais compris, et on nous accuse faussement ”. Ces déclarations faites le 28 novembre sur Top Congo FM sont de Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, le parti politique du Président de la République Félix Tsihsekedi en froid aujourd’hui avec la coalition FCC de l’ancien président Joseph Kabila.
Mais le premier décembre, Augustin Kabuya a battu en arrière toute: «j’assume tous mes propos (accusant le Front commun pour le Congo d’être à la base de l’arrestation de Vital Kamerhe) mais précise que je n’ai pas remis en cause les conclusions de la justice en rapport avec le procès dit des 100 jours, volet maisons préfabriquées. Je n’ai jamais dit que ce jugement était complaisant ». Que retenir finalement ?
Ces déclarations ont provoqué une réaction des avocats de l’homme d’affaires Samih Jammal, incarcéré dans le cadre de ce procès aux côtés de Vital Kamerhe: « Nous avons pris connaissance des déclarations de Monsieur Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, le parti politique du Président de la République Félix Tsihsekedi, aux termes desquelles il a tout d’abord affirmé que l’enquête pénale concernant Monsieur Kamerhe et notre client Samih Jammal ainsi que leurs condamnations sont l’œuvre du parti politique FCC avant de formellement se rétracter », fulminent les avocats qui estiment que les affirmations et contre affirmations ainsi faites accréditent la thèse d’un procès politique.
« Les accusations extrêmement graves émanant d’un des dirigeants du parti présidentiel et leur rétractation soulignent une fois de plus les motifs politiques de la condamnation de Samih Jammal et ne font que conforter la réalité de faits bien documentés que nous dénonçons depuis plusieurs mois, à savoir que les charges retenues contre notre client sont guidées exclusivement par des considérations purement politiciennes ».
Et le collectif de la défense de Samih Jammal, qui menace de saisir prochainement le comité des droits de l’homme des Nations-unies, d’appeler solennellement le président congolais à mettre fin à cette « situation inacceptable contraire à tous les principes fondamentaux prévalant dans un État de droit ». Agé de 80 ans et détenu depuis près de 10 mois, Samih Jammal a vu, estiment ses avocats, son état de santé se dégrader de manière alarmante.
