Il voulait un parrainage populaire de 150 000 signatures en ligne avant de s’engager. Jean Luc Mélenchon l’a obtenu largement, en un temps record, entre dimanche et jeudi 12 novembre, se posant en prétendant sérieux pour les présidentielles françaises de 2022. Toutefois, au delà de cette adhésion populaire à sa troisième candidature, Mélenchon le sait, il va falloir recueillir 500 signatures des élus.
Le leader des Insoumis, taxé parfois de « gauchiste radical », de la même manière que Joe Biden est traité, outre-atlantique, de communiste, peut compter sur la lassitude des français vis-à-vis d’un discours gauche-droite qui emprunte le même vocabulaire et les mêmes stratégies de relance sans succés. Parviendra-t-il à faire fédérer la gauche sous sa bannière ?
Rompant avec ce consensus Chirac-Sarkozy-Hollande-Macron, le député des Bouches-du-Rhône, trouvera sur son chemin l’actuel président, Emmanuel Macron, mais aussi et surtout, une certaine Marine Le Pen, leader de l’extrême droite, battue au deuxième tour lors des dernières présidentielles. Sceptique face au confinement, « méthode qui date du Moyen-Age », Mélenchon appelle à regarder vers l’Asie et à tester massivement, feignant d’ignorer que la France réalise 2 millions de tests pat semaine. .
Opposé au Conseil de la Défense qui aurait, estime-t-il, pris le pas sur le conseil des ministres, le leader politique appelle à reconsidérer la présence française au Mali, attendu, déclare-t-il sur BFMTV, « que nous ne sommes plus aussi bienvenus qu’auparavant ». Défenseur de la laïcité, engagé contre l’islamophobie, celui qu’on présenterait comme le Joe Biden français use d’un discours qui rappelle la France de 1981. « L’Etat doit être de retour », scande-t-il, critique vis-à-vis des politiques d’injection massive de fonds (12 OOO milliards de dollars depuis le début de la pandémie entre les USA, le Japon et l’Union Européenne) utilisées « sans contrepartie » pour sauver les banques et le secteur financier. Citant Keynes et Roosevelt, le candidat des Insoumis rêve de grands travaux pour relancer l’économie, un peu comme Joe Biden qui s’est engagé à investir 2 000 milliards de dollars en quatre ans. Mais attention à ne pas trop fâcher le marché comme en 2017 quand il s’en est pris aux critères de Maastricht.
