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Francophonie (OIF): Louise Mushikiwabo en ligne de mire du Canada

La démission de la Canadienne Catherine Cano de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) installe une crise profonde entre le Canada, important bailleur de fonds, et la rwandaise Louise Mushikiwabo, secrétaire générale. L’administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a démissionné de son poste de numéro 2 de l’OIF, le 16 octobre, à la…

La démission de la Canadienne Catherine Cano de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) installe une crise profonde entre le Canada, important bailleur de fonds, et la rwandaise Louise Mushikiwabo, secrétaire générale. L’administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a démissionné de son poste de numéro 2 de l’OIF, le 16 octobre, à la surprise générale, soit 18 mois seulement après sa nomination.

Un courriel aux employés du siège de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), rédigé dans la foulée de la démission, indiquait que Mme Mushikiwabo a «accepté la démission» de Mme Cano, nommée administratrice en mars 2019. Venue avec la mission commando de redresser l’organisation, Catherine Cano a finalement quitté le navire en plein mer. Un navire qui accusait une gite de 8 millions de dollars quand elle l’a rejoint et qui aujourd’hui, selon la presse outre-Atlantique, a redressé la barre, en délestant (40 projets ramenés à 25) et en insufflant de la transparence.

Preuve des frictions entre la canadienne et la rwandaise, le départ de Catherine Cano est accompagnée d’une sorte d’exécution médiatique en public. «Catherine Cano travaillait très fort, mais la collaboration n’était pas facile. Même si nous n’avions aucun doute sur son engagement, elle avait des méthodes de travail compliquées», lance Oria K. Vande weghe, directrice des communications de l’Organisation internationale de la francophonie.

Pour sa part, Catherine Cano dit être partie avec le sentiment du devoir accompli dans des propos rapportés par Le Devoir: «J’estime avoir mené à bien les trois volets du mandat qui m’avait été confié, à savoir le redressement des finances de l’organisation, l’amélioration de la transparence de ses opérations, de même que la formulation de recommandations devant mener notamment à une refonte réglementaire destinée à assurer la saine gestion et la transformation progressive de l’organisation».

De son côté, l’ambassadrice du Canada en France, Isabelle Hudon, s’est étonnée de cette démission «Je n’ai pas vu le chaos, mais j’ai vu ses efforts se multiplier depuis deux ans pour accomplir l’engagement de moderniser l’organisation », a-t-elle affirmé lors d’un point de presse qui a suivi une conférence sur les relations Canada-France à Montréal.

L’OIF compte 300 employés de 34 nationalités. Selon les informations en interne, le clash entre les deux femmes avait atteint son paroxysme en septembre suite à la nomination de sept représentants de l’OIF auprès d’organisations internationales et des regroupements régionaux d’États membres. Le 6 novembre dernier, une vingtaine de personnes, travaillant au siège de l’OIF et dans les représentations extérieures, « , ont été appelées au téléphone pour un rendez-vous le lundi suivant, pour se voir remettre la lettre de licenciement, ce qui ne s’est jamais vu dans toute l’histoire de l’OIF », écrit le chroniqueur idore Kwandja dans une tribune.

Femme au caractère trempé, Louise Mushikiwabo avait aussi enregistré la démission, en 2019, de Nicolas Groper, directeur de cabinet.

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