Les médias américains ont coupé le micro. Les 16 minutes de discours de Donald Trump accusant les démocrates d’utiliser des « votes illégaux » pour « voler » la victoire ont été censurés. “Car beaucoup de mensonges”, claironnent nos illustres confrères, monstres sacré de la presse qui, dés lors, semblent réduire le code de la presse à la liberticide loi sur les fake news qu’utilisent Tweeter et Facebook pour avertir ou suspendre des comptes.
Or, le devoir d’informer va beaucoup plus loin que la lutte contre les fake news et la désinformation. Le président des États Unis, candidat démocrate a parfaitement le droit de douter sur les résultats d’un scrutin serré et chaotique en alléguant à la fraude dès lors qu’il est possible de lui porter la contradiction. Qu’il n’apporte pas de preuves à ces allégations reste un argument recevable mais dont l’appréciation, nous semble-t-il, ne revient pas à la profession des journalistes.
En coupant le micro en direct sur la base de l’appréciation personnelle ou collective, le journaliste jette la plume d’Albert Londres pour la robe de Jacques Verges , voire la soutane de l’Abbé Pierre. Or ce métier, basé sur la relation des faits, le principe du recoupement et de la vérification, n’est ni moral ni immoral , mais amoral. Vivement que la presse reste dans ses bases et ne se mette pas à décréter à qui il faut ou non couper le micro de peur de tomber du côté des censeurs et moralistes.
Précisions que NBC News et ABC News ont interrompu la diffusion de cette conférence de presse. Le président a d’ailleurs quitté le pupitre sans prendre les questions des journalistes. La chaîne de télévision CNN a, quant à elle, décidé de ne pas couper le micro à Donald Trump, mais son présentateur vedette Jake Tapper a enchaîné avec une condamnation sans appel du chef de l’État : « Quelle triste nuit pour les États-unis d’Amérique de voir leur président […] faussement accuser les gens d’essayer de voler l’élection », a-t-il déclaré, en fustigeant un « tissu de mensonges ».




