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CEMAC: une nouvelle règlementation de change en vue

La reconstitution des réserves de change à tout prix ? La zone de la Communauté des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC) s’apprête à basculer dans une nouvelle réglementation de change à partir du 31 décembre prochain. Selon des sources bien informées, la nouvelle mesure consacrée par le Règlement N°02/18/CEMAC/UMAC/CM, adopté par la Banque des États…

La reconstitution des réserves de change à tout prix ? La zone de la Communauté des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC) s’apprête à basculer dans une nouvelle réglementation de change à partir du 31 décembre prochain.

Selon des sources bien informées, la nouvelle mesure consacrée par le Règlement N°02/18/CEMAC/UMAC/CM, adopté par la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) en 2018, va s’appliquer sur les industries extractives. L’idée c’est de réguler le rapatriement des recettes commerciales afin de renforcer les réserves de change de la CEMAC et, par conséquent, le franc CFA d’Afrique centrale (XAF). La nouvelle réglementation implique que les revenus perçus en USD soient convertis et déposés en XAF auprès d’une banque locale.

Ainsi, pour toute nouvelle transaction nécessitant un paiement en USD, les sociétés devront s’en procurer sur les marchés de change. D’aucuns estiment que la nouvelle réglementation violerait les accords de financement standard dans l’industrie et des licences pétrolières existantes. En effet, les accords de financement dans l’industrie pétrolière sont, pour la plupart, conclus en dollars avec des banques internationales basées en dehors de la zone CEMAC.

Ils sont généralement accordés à la condition que le produit des exportations (en USD) soit placé sur des comptes ouverts en dehors de la zone CEMAC, auprès d’une banque internationale, de sorte que ces produits (en USD) puissent ensuite être utilisés pour rembourser les prêts (libellés en USD). « Tout manquement à cette condition clé de financement pourrait nécessiter le prépaiement par anticipation de tous les prêts en cours et l’annulation de ces accords de financement », avance un expert. La situation mettrait en péril la liquidité des sociétés pétrolières et gazières sous le coup de tels accords de financement (la majorité) en leur imposant des pertes que certains évaluent à plusieurs centaines de millions de dollars. Le règlement n°02/18 reflète la quête illusoire des États de l’Afrique Centrale de renforcer les réserves de change et, partant le XAF, au détriment de l’économie et des emplois.

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