Après cinq ans passés aux commandes d’Inwi, troisième opérateur télécoms au Maroc détenu à 66% par la holding royale Al Mada et à 34% par Bain, Nadia Fassi-Fehri vient de démissionner. Elle a été remplacée par Azzedine El Mountassir Billah, ancien patron de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). C’est un véritable retour en grâce de cet ingénieur, lauréat de Sup Telecom qui avait été démis de ses fonctions un samedi soir sans ménagement.
Officiellement, la PDG d’Inwi a quitté son poste pour «convenance personnelle». Mais selon plusieurs observateurs à Casablanca, cette formule diplomatique cache en réalité les difficultés de l’opérateur à atteindre l’équilibre financier malgré de gros investissements consentis par les actionnaires. Sa présidente aurait donc payé le creusement des pertes de l’entreprise.
Depuis son lancement, Inwi n’a jamais dégagé de résultat bénéficiaire au point de passer pour un gouffre financier pour sa maison-mère. Ses comptes ne sont pas publiés. Toute sa communication se focalise sur la croissance de parc d’abonnés et les investissements.
Multidiplômée, Nadia Fassi-Fehri est une tête bien faite. Elle est diplômée de Polytechnique, promotion 1990, lauréate de Ponts& Chaussées et de l’ESCP. Avant d’être nommée à la présidence d’Inwi, Nadia Fassi-Fehri venait de Nareva, la filiale des énergies renouvelables d’Al Mada. Auparavant, elle avait exercé dans le groupe minier Managem où elle était investie de plusieurs responsabilités dont la supervision de la seule mine d’or du pays à Akka, petit village situé à quelques kilomètres d’Agadir.
A.S
