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Mali: le Colonel Assimi Goita, ses réseaux et son lien « fort » avec Mahmoud Dicko

Le nouvel homme fort de la junte au pouvoir au Mali depuis la démission forcée du président IBK dans la nuit du 18 au 19 août est connu. Il s’agit du colonel Assimi Goita, président du Comité national pour le Salut du Peuple (CNSP). Jusque-là patron des forces spéciales du Mali, cet officier formé au…

Le nouvel homme fort de la junte au pouvoir au Mali depuis la démission forcée du président IBK dans la nuit du 18 au 19 août est connu. Il s’agit du colonel Assimi Goita, président du Comité national pour le Salut du Peuple (CNSP).

Jusque-là patron des forces spéciales du Mali, cet officier formé au Prytanée militaire de Kati, dans la banlieue de Bamako, également diplômé de l’Ecole inter-armes de Koulikoro, est de la même promotion que plusieurs autres membres de la junte, dont le colonel Malick Diaw, présenté aux premières heures du mouvement comme son véritable instigateur. Vice-président du CNSP, Malick Diaw, jusque-là chef adjoint du camp Soundiata Keïta, est plus communicant que Assimi Goita, calme et effacé mais respecté pour son courage.

«Le Mali se trouve dans une situation de crise sociopolitique, sécuritaire. Nous n’avons plus le droit à l’erreur. Nous, en faisant cette intervention , nous avons mis le pays au-dessus de tout, le Mali d’abord», a déclaré le colonel Goita, en cherchant ses mots et en parlant simplement loin des codes de la politique politicienne. Ancien prisonnier du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) lors de la bataille de Tessalit, il avait été libéré suite à la médiation de l’imam Mahmoud Dicko, l’instigateur du Mouvement du 5 juin, qui réclamait le départ du président IBK depuis trois mois. « Ma mission est terminée, je retourne à la Mosquée » a d’ailleurs déclaré l’imam Dicko après le putsch.

Le colonel-major, Ismaël Wagué, numéro deux de la force aérienne malienne, et porte-parole du mouvement, est le premier à avoir fait une déclaration au nom du CSP. Le stratège du mouvement est le général Cheick Fanta Mady Dembele, diplômé de Saint-Cyr et de l’école d’état-major général de Koulikoro et titulaire d’une licence en histoire de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne ainsi que d’une maîtrise en génie civil. Jusque-là directeur général de l’institution de maintien de la paix Alioune Blondin Beye, cet ancien cadre passé par la Commission de paix et de sécurité de l’Union africaine, est le cerveau du mouvement.

Parmi les putchistes aussi, Sadio Camara, commandement de l’académie militaire de Kati après avoir fait le grand Nord. Son stage récent en Russie a fait couler beaucoup d’encre durant les dernières 48 heures.

Ces officiers incarnent l’espoir d’un nouveau Mali mais doivent faire avec une communauté internationale intransigeante sur les prises de pouvoir par la force. En guise de réponse au tour de vis de la CEDEAO et de la Côte d’Ivoire, qui a annoncé la fermeture de ses frontières avec le Mali et la suspension de toutes liaisons avec le pays, le Comité national pour la salut du peuple (CNSP) a assuré qu’il engagerait une «transition politique civile», via des élections générales devant se tenir dans «délai raisonnable» et dans le cadre d’une « feuille de route qui conduire vers un Mali nouveau ». Pesant les mots et cherchant à obtenir les sympathies de la communauté internationale, le CNSP se dit disposé à travailler avec les forces Barkhanes et celles de la MINUSMA, et à mettre en oeuvre les accords d’Alger. La France qui suit les derniers développements dans le plus grand pays du Sahel semble avoir pris acte de la situation. « Il faut se concentrer sur le retour d’un pouvoir civil et de l’état de droit, avec une autre priorité: ne pas perdre l’engagement dans la lutte contre le terrorisme », a souligné le président Emmanuel Macron, le 19 août, dans une position aux antipodes de celles de la CEDEAO.

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