«Les gens peuvent bavarder mais je suis un croyant, chacun de nous a son destin. Et on ne peut pas fuir son destin». La première déclaration du Président ivoirien Alassane Ouattara, depuis son discours marquant la commémoration du 60e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, où il avait officiellement annoncé sa candidature pour l’échéance présidentielle 2020, sonne comme une réponse aux critiques, nombreuses, par rapport à son intention de briguer un troisième mandat.
Recevant des délégations des régions du Sud, de l’Est et de l’Ouest, le Chef de l’Etat ivoirien a tenu, lundi 17 août 2020, à rassurer ses hôtes sur la stabilité du pays et son avenir prometteur. Tout en insistant sur son éligibilité par rapport à la constitution de 2016.
«La constitution est votée par le peuple. C’est bien moi qui ai proposé la constitution 2016 pour la troisième République. Qui peut se targuer de connaitre cette constitution mieux que moi ? », lance Alassane Ouattara.
Si la déclaration de rempiler pour un nouveau mandat a été accueillie avec ferveur au sein du Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), elle est vue comme un mandat de trop par l’opposition ivoirienne, des groupements de la société civiles et des activistes.
Les plateaux télé foisonnent d’émissions débats et de panels animés par des avocats, des juristes ainsi que des constitutionnalistes pour prouver ou désapprouver l’éligibilité de M. Ouattara.
En attendant l’avis de la Cour constitutionnelle, les avis et contre- avis se jaugent. «Le débats est clos, nous ne sommes plus à ce stade. Nous avons choisi notre candidat qui est Alassane Ouattara», clamait Adama Bictogo, Secrétaire exécutif du Rhdp, lors d’une récente conférence de presse de son parti à Abidjan Sofitel HôtelIvoire.
Pour le parti au pouvoir, après la mort du candidat désigné, il était impossible de trouver un autre candidat à trois mois de l’échéance 2020. C’est pourquoi il s’est tourné vers celui qui pouvait faire l’unanimité.
«Les uns et les autres savaient combien d’années il m’a fallu pour préparer Amadou Gon Coulibaly. On ne peut pas préparer un successeur en 4 semaines ou trois mois. Donc c’est un sacrifice que je fais. Parce que je veux laisser le meilleur à la Côte d’Ivoire», a justifié le Chef de l’Etat à qui ont pourrait attribuer la formule usitée : “après moi le déluge”. Aux yeux du chef d’Etat ivoirien, ces contestations sont des « faux débats », dans lesquels il ne souhaite pas s’immiscer.
