Les négociations tendues entre l’Ethiopie, conceptrice du Grand Barrage de la Renaissance sur le haut Nil et ses riverains du Soudan et de l’Ethiopie, qui craignent que les retenues d’eau ne se fassent pas à leurs détriments, reprendront le 10 août. Les pourparlers conduits par l’Union Africaine n’avaient guère évolué lors du dernier round, tenu le 5 août.
Dans les coulisses, l’on estime que l’Egypte, suspectant de trop grands soutiens au sein de l’Union Africaine, voudrait pousser le dossier vers le Conseil de sécurité de l’ONU pour une résolution contraignante. Or, la Chine et la Russie, alliés inconditionnels de l’Ethiopie tout comme les USA sont les alliés de l’Egypte, s’y opposeraient.
Les négociations portent sur les quantités d’eau nécessaires pour remplir le réservoir nouvellement construit de l’Ethiopie et son barrage hydroélectrique géant. Un nouvel accord sur les eaux du Nil bleu remplacerait un accord de l’époque coloniale avec la Grande-Bretagne et qui était trop favorable à l’Egypte selon la partie éthiopienne.
La confluence du Nil Blanc et du Nil Bleu près de la capitale soudanaise de Khartoum forme le Nil qui coule le long de l’Égypte. Le Nil Bleu est la source de près de 85% de l’eau du Nil. La proposition éthiopienne de laisser l’exploitation du barrage à un traité global sur le Nil Bleu a été rejeté par le Soudan, qui dit ne jamais accepter que « la vie de 20 millions de ses habitants vivant sur les rives du Nil Bleu dépende d’un traité ». L’Éthiopie affirme de son côté que le barrage fournira de l’électricité à près de 110 millions de citoyens.
L’Égypte voit le projet comme une menace sur son existence et privilégie la négociation tout en réaffirmant, par diverses déclarations, que toutes les options, y compris la guerre, étaient sur la table. Le barrage du Grand Ethiopian Renaissance (Gerd), en construction depuis 2011, retient désormais l’eau – et contient 4,9 milliards de mètres cubes (bcm) d’eau du Nil Bleu après les pluies de cette saison.
