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OMC: 8 candidats dont 3 africains ont passé le grand oral: premières impressions

Du 15 au 17 juillet, les huit candidats en lice pour briguer le poste de directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), vacant depuis la démission surprise du brésilien du brésilien Roberto Azevêdo, ont tous passé l’oral devant les 164 membres de l’ex-GATT. Il y a d’abord trois africains, à savoir Abdel-Hamid Mamdouh (Égypte),…

Du 15 au 17 juillet, les huit candidats en lice pour briguer le poste de directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), vacant depuis la démission surprise du brésilien du brésilien Roberto Azevêdo, ont tous passé l’oral devant les 164 membres de l’ex-GATT.

Il y a d’abord trois africains, à savoir Abdel-Hamid Mamdouh (Égypte), Amina Mohammed (Kenya) et Ngozi Okonjo-Iweala (Nigeria). Seul l’égyptien concourt avec l’estampille de candidat de l’Union Africaine. La nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, critiquée pour son manque d’expérience dans le commerce international, met en avant son expérience à la Banque Mondiale dont elle était employée pendant 25 ans et d’ancienne ministre nigériane des Finances alors que la kenyane Amina Mohamed, ancienne ministre des Sports, a pendant longtemps été un pilier incontournable de l’OMC qu’elle connaît autant que son adversaire égyptien.

Ce dernier n’a jamais été ministre et pourrait se voir reprocher son manque d’expérience dans les hautes sphères décisionnelles de l’Etat. D’ailleurs, le candidat britannique, dernier venu dans la course, l’a rappelé sans ambages: « Ce boulot est pour un responsable politique et qui l’est probablement depuis assez longtemps ». Reste que pour avoir pris part aux négociations du GATT, préparé l’Uruguay Round dans les années 1980 et 1990, Abdel-Hamid Mamdouh, est de loin l’un des meilleurs experts du commerce international.

Ces trois candidatures africaines qui déclarent toutes militer pour le « multilatéralisme » risquent à coup sûr de diviser l’Afrique. Un peu comme en 2005, quand l’éparpillement des voix du continent entre 3 candidats avait contribué à l’élection du français Pascal Lamy.

Les cinq autres candidats sont l’ancien chef de la diplomatie moldave Tudor Ulianovschi , qui a estimé lors de l’oral que le patron de l’OMC « n’est pas là pour imposer une solution mais pour rechercher un consensus », Jesus Seade Kuri du Mexique, ancien directeur général adjoint de l’OMC, qui souhaite un mécanisme de surveillance des tribunaux de l’OMC, ou encore Yoo Myung-hee, ministre du Commerce de la Corée du Sud, qui pense que certains Etats doivent prendre plus de responsabilité, une allusion à la Chine qui se range toujours dans le groupe des pays en voie de développement.

Quant au saoudien Mohammad Maziad Al-Tuwaijri, il a refusé de se prononcer sur le rôle du tribunal d’appel de l’OMC, un clin d’oeil à l’administration Trump pendant que le britannique Liam Fox, sûr de son parcours, insiste pour que le choix se fasse sur le profil et appelle l’UE à oublier le Brexit pour se concentrer sur les valeurs communes qu’il est censé défendre. Membre du Parti conservateur et du parlement britannique et secrétaire d’Etat au Commerce de 2016 à 2019 dans le gouvernement de Theresa May, Liam Fox est un chaud partisan du libre-échange, qui « offre des opportunités globales aux populations et leur permet d’élever leur niveau de vie ». Son point faible reste son « euroscepticisme » et son militantisme en faveur du Brexit.

En clair, le saoudien Mohammad Maziad Al-Tuwaijri, ministre conseiller en charge de la Stratégie auprès de la Cour Royale, risque de compliquer la tâche à la candidature égyptienne de Abdel-Hamid Mamdouh en l’obligeant au partage de voix au sein de la Ligue Arabe et en mettant l’Amérique dans une position inconfortable entre ses deux plus proches alliés dans le monde arabe.

Ces huit bons profils trouveront une OMC minée par la guerre commerciale entre les USA et la Chine et le dysfonctionnement, depuis décembre 2019, du tribunal d’appel de l’organe de règlement des différends (ORD) provoqué par Washington qui menace d’ailleurs de se retirer de l’organisation. Les candidats conduiront leurs campagnes jusqu’au 7 septembre. À compter du 8 septembre, les postulants seront éliminés au fur et à mesure selon un mécanisme consensuel qui peut durer environ deux mois.

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