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Congo Brazzaville: le moratoire sur la dette présente des risques pour les créanciers privés, conformes à la notation Caa2 (Moody’s)

Le 9 juin, le Club de Paris a approuvé la participation de la République du Congo (ROC, stable Caa2) à l’Initiative de suspension du service de la dette du G20 (DSSI), qui libérera des ressources financières pour les dépenses liées aux coronavirus. Les conditions du DSSI suspendent les paiements du service de la dette aux…

Le 9 juin, le Club de Paris a approuvé la participation de la République du Congo (ROC, stable Caa2) à l’Initiative de suspension du service de la dette du G20 (DSSI), qui libérera des ressources financières pour les dépenses liées aux coronavirus. Les conditions du DSSI suspendent les paiements du service de la dette aux créanciers bilatéraux du Club de Paris du 1er mai au 31 décembre 2020. Dans un rapport datant du 12 juin, en réaction à ce moratoire, l’agence Moody’s estime que « bien que l’ampleur de l’allégement de la dette soit relativement petite, elle atténuera une augmentation des risques de liquidité extérieure du gouvernement en raison de la faiblesse des prix du pétrole ».

Pour les analystes de Moody’s, la participation au DSSI comporte des risques pour les créanciers privés – à savoir les détenteurs de la seule euro-obligation du gouvernement – au milieu de l’appel du G20 pour qu’ils participent sur une base comparable. Cependant, ces risques sont déjà pris en compte dans la notation actuelle Caa2, qui correspond à titre indicatif à des pertes pour les détenteurs d’euro-obligations comprises entre 10% et 20%.

Le DSSI s’applique aux coûts du service de la dette sur la dette bilatérale largement concessionnelle du Congo envers les pays du Club de Paris. L’ampleur de l’allégement de liquidité accordé par les créanciers bilatéraux est faible par rapport aux importants besoins d’emprunt du gouvernement. Au cours des huit premiers mois de 2019, les remboursements d’intérêts et de capital aux créanciers bilatéraux se sont élevés à 320 millions de dollars ou 3% du PIB. « Nous estimons que le montant allégé pour 2020 est du même ordre de grandeur que le besoin d’emprunt brut estimé à 14% du PIB en 2020 avant le DSSI », estime Moody’s. L’allégement de liquidité intervient cependant à un moment critique pour le Congo et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEMAC) compte tenu de leur dépendance pétrolière, le brut représentant environ 75% des exportations totales de la CEMAC.

De l’avis de Moody’s, la participation (stable A1) de la Chine au DSSI est cruciale pour tout soulagement significatif étant donné que l’an dernier, il représentait 84% des coûts du service de la dette bilatérale du Congo. Comme représenté sur la le tableau ci-dessous, la Chine représentait 23% de la dette totale et 74% de la dette bilatérale en août 2019. La Chine et le Congo ont déjà conclu un accord de restructuration de la dette à moyen terme en mai 2019. L’accord concernait 67% des dettes en cours à le temps et les a poussés de quinze ans par rapport au profil d’amortissement d’origine. Les 33% restants en cours correspondent à des titres de créance arrivant à échéance pendant le programme actuel du FMI (2019-2022) et seraient au centre de l’allégement de liquidité lié aux coronavirus.

Les modalités de la DSSI, telles qu’énoncées dans la feuille de modalités du G-20 publiée le 15 avril, invitent les créanciers du secteur privé à participer à des conditions comparables. À ce jour, aucun moratoire n’a été convenu entre les souverains participants et leurs créanciers privés externes, mais la participation du secteur privé sous quelque forme que ce soit reste un risque. « En conséquence, poursuivent les analystes de l’agence de notation, nous avons entamé des examens de déclassement pour un certain nombre de souverains participant au DSSI, notamment le Cameroun (B2 RUR-), l’Éthiopie (B2 RUR-) et le Pakistan (B3 RUR-), afin d’évaluer le risque de changement des termes du service de la dette aux créanciers extérieurs du secteur privé qui pourraient être considérés comme un défaut de paiement selon la définition de Moody’s ».

Concernant le Congo, le risque de défaillance et les pertes potentielles qui y sont attachées, que ce soit dans le cadre du DSSI ou indépendamment de l’initiative, est pris en compte dans sa notation Caa2. La dette extérieure pays envers des créanciers privés consiste en une euro-obligation venant à échéance en 2029, qui est déjà le résultat d’un accord de restructuration de la dette. Le gouvernement a également une dette en cours envers les négociants en matières premières contractée par le biais de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) via un système d’avances sur les futures ventes de pétrole. Il y a peu de visibilité sur les arrangements qui sous-tendent cette dette et les négociations de restructuration en cours, qui ont commencé en conjonction avec le programme du FMI.

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