L’intense débat sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine sur le traitement du coronavirus, défendu par le professeur Didier Raoult, connaîtrait-elle son issue ?
Des épidémiologistes et des statisticiens viennent d’apporter leur réponse. Dans un communiqué publié récemment dans British Medical Journal (BMJ), deux études ont tranché sur la question.
Les auteurs, français et chinois, ont fait savoir que: « non, la molécule n’apporte rien par rapport à une absence totale de traitement et peut entraîner de nombreux effets secondaires ».
Sur le plan méthodologique, ces deux études se disent solides, intégrant chacune un groupe de contrôle. La première, menée par une équipe française cherchait à déterminer les «feed» de l’hydroxychloroquine sur le risque d’admission des patients en réanimation et sur le nombre de décès.
La seconde, chinoise, étudiait quant à elle la vitesse du virus chez les malades souffrant d’une forme légère ou modérée du Covid-19. L’étude française a inclus 181 patients tandis que la chinoise a porté sur 105 malades.
Les deux parviennent à la même conclusion, à savoir que les patients évoluent de la même façon qu’ils soient dans le groupe contrôle ou dans le groupe recevant de l’hydroxychloroquine.
Mieux, les chercheurs chinois ont observé que ceux ayant reçu cette dernière étaient 3 fois plus nombreux à souffrir d’effets indésirables comme de la diarrhée que des malades du groupe contrôle.
Bref, ces deux études apportent, aux yeux de leurs auteurs, de nombreux éléments tangibles qui indiquent une inefficacité de l’hydroxychloroquine face au COVID-19. En clair, ces résultats ne plaident pas pour son utilisation comme traitement de routine face à la maladie.
Malgré de vives critiques de la communauté scientifique française en particulier, Didier Raoult ne lâche pas d’un iota ses arguments de l’efficacité de l’hydroxychloroquine sur le coronavirus, en s’appuyant notamment sur ses propres études et son expérience du terrain reproduite à l’identique dans nombre de pays africains.
