Le contrat à terme West Texas Intermediate (WTI) est en territoire négatif, démontrant une perspective baissière accélérée sur l’or noir. Ce lundi 20 avril, le contrat à terme échéance mai sur le pétrole référence américaine, appelé aussi Texas Light Sweet, a touché les abysses à moins de 24 heures de son expiration, le mardi 21 avril. Les vendeurs à découvert ont accentué la baisse et replongé le marché à son niveau du deuxième trimestre 1986. Le cours du WTI pour livraison en mai a fini en baisse de 306% à -37,63 dollars, c’est à dire que les vendeurs proposent désormais de payer les acquéreurs pour ce contrat.
Le baril pour livraison en juin a quant à lui cédé 18% à 20,43 dollars tandis que le Brent Mer du Nord à même échéance a fini en baisse de 5,22% à 29,93 dollars traduisant le déséquilibre persistant entre l’offre et la demande.
Ce nouveau crash fait fi de l’accord de réduction de la production des producteurs de pétrole de l’OPEP + de 9,7 millions de barils par jour (bpj). Trop tard pour sauver mai, semble dire le marché guidé par la terrible loi de l’offre et de la demande. Or, pendant que l’OPEP et la Russie se déchirent sur les quotas, la demande, elle, s’effondre sous l’effet du covid-19 et de la saturation des stock de l’ogre américain.
De l’avis des experts, c’est le moment historique pour les pays africains importateurs nets de pétrole de faire leurs provisions de l’or noir bon marché. « Anticiper en signant des contrats à terme à 30 dollars soulagera les budgets des pays importateurs qui avaient libellé leurs lois de finance sur un baril d’au moins 60 dollars », opine ce fonctionnaire du Trésor d’un pays zone CFA. La fenêtre d’opportunité est extraordinaire mais ne devrait pas durer. Les USA montrent l’exemple.
En effet, selon les derniers chiffres en date de l’EIA, l’agence fédérale américaine d’information sur l’énergie, les stocks de brut aux Etats-Unis ont augmenté de 19 millions de barils en une semaine, une hausse sans précédent, pour atteindre 503 millions de barils. L’offre est d’autant plus abondante que les estimations parlent de 160 millions de barils de pétrole dans les tanks des navires en rade en attendant une hypothétique remontée des cours. L’abondance de l’offre devrait inciter à l’achat même à long terme de la part des pays disposant de liquidités.
En effet, même si Goldman Sachs table sur un baril à 20 dollars sur 2020 (30 selon S&P), la fin de la période de déconfinement annoncée couplée à l’appétit de l’Europe qui cherchera désormais à se « réolocaliser » ou se « réindustrialiser » et à la volonté des Etats-Unis de ne pas céder du terrain industriel face à la Chine, dopera la demande. Le mois de juin sera donc plus chaud que d’habitude de l’avis des traders et négociants qui estiment, toutes proportions gardées, que nous sommes revenus à l’année 1946 en terme de « reconstruction ».
Le WTI, américain à l’inverse de son cousin britannique Brent (Mer du Nord) est un type de pétrole brut utilisé comme standard dans la fixation du prix du brut et comme matière première pour les contrats à terme sur le pétrole auprès du New York Mercantile Exchange (bourse des matières premières).
