A l’annonce des premiers résultats jugés concluants sur des personnes souffrant de formes graves du coronavirus, l’action Gilead Sciences s’est envolée de 16% à 89,10 dollars, vendredi, à la clôture de Wall Street. Quelques semaines plutôt, le traitement à l’hydroxychloroquine défendu par le professeur Didier Raoult avait provoqué l’effet inverse sur Gilead. Jeudi, la publication d’un article de presse décrivant les résultats positifs d’un essai testant la molécule du groupe pharmaceutique américain Remdesivir dans un hôpital de Chicago a non seulement sorti l’action Gilead de sa torpeur mais aussi entrainé avec elle Wall Street dopée par l’annonce de Donald Trump d’un déconfinement partiel des Etats-Unis.
En dépit d’un communiqué de Gilead sous forme d’avertissement appelant à la modération, l’étude étant encore loin d’être complète, « la totalité des données devant être analysées « , précise la firme comme pour lancer la pique à l’alternative marseillaise, la Bourse semble avoir fait son choix. Un traitement de Gilead aurait de bien meilleures répercussions sous forme de dividendes qu’un protocole basé sur un médicament de 70 ans, tombé dans le domaine public, et plutôt bon marché. De son côté, l’University of Chicago Medecine se désole d’une « fuite » et appelle à ne pas tirer des conclusions hâtives.
Pour rappel, plusieurs traitements sont en lice pour venir à bout du coronavirus. En France, le professeur Didier Raoult défend la chloroquine résultats et études à l’appui. En dépit de l’aura médiatique, de la récente réception du président français Emmanuel Macron, venu s’enquérir de visu des travaux de Marseille, et du succès du traitement sur un lot de 1061 malades, le mdédecin marseillais n’a toujours pas convaincu certains de ses pairs. La chloroquine présenterait des effets secondaires selon Karine Lacombe, infectiologue et cheffe de service à l’hôpital Saint Antoine (Paris). . « On expose des gens à de faux espoirs de guérison » déclarait-elle le 23 mars dernier sur France 2 à propos du protocole proposé par son collègue marseillais. Un raisonnement biaisé par les relations d’intérêt entre cette femme influente dans les médias français et Gilead Sciences. Plus d’un mois plus tard, le suspens reste entier, évoluant en dents de scie comme le cours de Gilead.
