La Tunisie risque de connaître sa pire récession depuis l’indépendance de 1956 avec un taux de croissance qui diminuerait jusqu’à 4,3%, rapportent, mercredi 15 avril, des sources officielles. L’activité économique sera considérablement affectée par la crise sanitaire du COVID-19 notamment le secteur du tourisme, pesant près de 10% du produit intérieur brut (PIB).
Si l’on se fie aux prévisions statistiques, le secteur vital du tourisme pourrait perdre 1,4 milliard de dollars et 400 000 emplois cette année en raison de la nouvelle pandémie du coronavirus. D’ailleurs, les autorités sont en train de chercher des voies et moyens de lever des fonds pour secourir le tourisme, qui représente une source clé de devises étrangères.
Dans ce cadre, le FMI a approuvé, vendredi dernier, un prêt de 745 millions de dollars à la Tunisie pour contrer les effets négatifs du coronavirus sur l’économie du pays. L’institut de Bretton Woods a indiqué qu’un nouveau programme de financement avec la Tunisie pourrait démarrer au second semestre de cette année.
Selon les prévisions du FMI, le déficit budgétaire en Tunisie atteindrait 4,3% du PIB cette année, contre 2,8% initialement prévu, en raison de la nécessité de dépenses extraordinaires au cours de cette crise. Dans le cadre de son budget 2020, la Tunisie prévoit d’émettre des obligations d’une valeur maximale de 800 millions d’euros (877 millions de dollars), mais les responsables n’ont pas donné de détails ni de date pour l’émission.
Le FMI a également déclaré dans un rapport que la Tunisie recherchait une garantie de prêt d’un pays du G7. Le Fonds a ajouté que si une telle garantie ne se concrétisait pas, la Tunisie devrait rechercher un financement alternatif .
Dans ce cas, cet appui pourrait impliquer un prêt syndiqué auprès des banques internationales.
Pour les mesures d’austérité, les autorités se sont engagées à contenir la masse salariale publique, à réformer les entreprises publiques, entre autres à réduire les subventions à l’électricité et au gaz naturel. En rappel, le gouvernement tunisien a dégagé près de 1 milliard de dollars pour lutter contre les effets économiques et sociaux du virus.
