Les supputations vont bon train alors que le Cameroun fait état de plus de 850 contaminations et 14 décès au nouveau coronavirus Covid-19. Dans ce moment tendu, le silence assourdissant du président Paul Biya continue d’intriguer au Cameroun, dans les chancelleries occidentales et dans les institutions internationales. Dans ce que d’aucuns qualifient de sortie de piste, le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Adhanom, a adressé une lettre datée du 23 mars 2020, suppliant le locataire du palais d’Etoudi de sortir de son silence.
« Excellence, votre engagement personnel est nécessaire pour mobiliser les communautés et renforcer l’élan d’un mouvement sociétal contre la COVID-19. Votre voix et votre présence par l’intermédiaire des principaux moyens de communication et l’orientation fondée sur des bases factuelles et une vision claire des mesures à apporter que vous pouvez donner en vous adressant régulièrement à la nation auront une valeur inestimable ».
Habitué à gouverneur par le silence, le président Paul Biya n’a pas répondu à l’appel du haut cadre éthiopien. Plus de 20 jours après cette lettre dévoilée par la presse, le Cameroun vit au rythme du débat grandissant sur le silence de son commandant en chef. Pendant ce temps, les querelles de leadership continuent de saper la stratégie de lutte contre le coronavirus.
Pour rappel, le premier ministre Joseph Dion Ngute a émis une note de cadrage exigeant que chaque communication d’un membre du gouvernement obtienne son visa au préalable. La dernière apparition de Paul Biya remonte au 11 mars dernier lors d’une brève entrevue avec l’ambassadeur américain.
