La direction générale de l’Agence nationale de régulation pharmaceutique (ANRP) du Burkina Faso s’est prononcée sur l’Aviripine, un antiviral et antiretroviral mis au point au Bénin par Dr Valentin Agon (surnommé le Didier Raoult béninois depuis que le débat planétaire sur la chloroquine a pris le devant de l’actualité) et dont les résultats avaient été jugés «satisfaisants» dans le traitement du Coronavirus.
Dans un communiqué en date du 2 avril, l’ANRP invite les populations à « s’abstenir de tout achat et de toute consommation du produit Apivirine 500g gélules ». Et à la prudence.En effet, explique l’Agence Burkinabé, l’Aviripine « n’ayant jamais été évalué pour aucune des indications thérapeutiques revendiquées, ne peut faire l’objet, ni d’une cession à la population et encore moins de publicité par les canaux de communication sur le territoire national ». Par conséquent, l’ANRP « appelle la population à se préserver de la consommation de ce produit qui constitue potentiellement une menace pour leur santé ».
En conférence de presse le 3 avril, le ministre burkinabé de la Santé , son collègue de la communication et le coordonnateur de la cellule de riposte au COVID-19 avaient évoqué le sujet. D’après leur intervention, les chercheurs ont décidé de tester la molécule afin de s’assurer de son efficacité contre le coronavirus. Mais les tests n’étant pas encore achevés, leurs résultats n’étaient pas encore disponibles. Par ailleurs, a précisé le ministre de la Santé, «l’Apivirine n’a jamais été utilisé de façon formelle sur un patient au Burkina-Faso».
Le 26 mars 2020, un communiqué du ministère de l’enseignement supérieur de la recherche scientifique et de l’innovation (MESRSI) du Burkina Faso annonçait des essais cliniques dont l’un visant à «évaluer l’efficacité clinique et virologique d’un médicament à base de plante (phytomédicament) appelé Apivirine chez les patients atteints de Covid-19 ».
« Certains malades confirmés du COVID-19 ont déjà eu recours avec succès à Apivirine durant leur maladie. Ils ont tout de suite obtenu l’amélioration de leur état de santé allant de l’amendement rapide des symptômes à la négativation du test de dépistage de coronavirus après traitement », avait-il indiqué.
Avant de préciser ; « ces résultats bien qu’ils ne soient pas validés par un comité scientifique présentent un grand intérêt dans la prise en charge de COVID-19. Ce qui justifie la conduite de cet essai clinique randomisé ouvert ».
