L’ancien ministre malien de la communication et de l’information, Mahamadou Camara, vient d’être interpellé et placé sous mandat de dépôt. Aujourd’hui, patron de presse, l’inculpé a été Directeur de Cabinet du Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, de septembre 2013 à avril 2014. Ensuite, en 2018, il avait été nommé parmi les porte-paroles de l’Alliance politique «Ensemble pour le Mali»qui a conduit la réélection du président Ibrahim Boubacar KEITA.
Inculpé pour «complicité de favoritisme» dans le scandale de la fourniture, en novembre 2013, de matériel militaire aux forces armées de véhicules maliennes sur un montant de plus de 69 milliards de F CFA (105 millions d’euros), Mamadou Camara était à l’époque l’homme par qui passait tous les dossiers du président de la République. Un rapport spécial du Bureau du vérificateur général du Mali (intervenu après une forte pression du FMI) révèle 28,5 milliards FCFA d’irrégularités financières dans cette affaire de fourniture de matériels destinés aux forces armées maliennes (FAMAS).
Une mystérieuse garantie de103 milliards de Franc CFA de l’Etat malien en faveur d’une SARL au capital de 3 millions de Franc CFA
Des noms sont revenus en boucle dans ce dossier qui a jeté le froid dans les rapports entre le Mali et ses partenaires techniques et financiers. Entre autres personnalités citées dans cette rocambolesque affaire, les hommes d’affaires Sidi Mohamed Kagnassy et Amadou Baïba Kouma, les ministres Mamadou Camara (seul pour le moment à être placé derrière les barreaux) et Moustapha Ben Barka (récemment bombardé vice-président de la BOAD) ou encore madame Fily Bouaré (propulsée depuis 2017 commissaire à la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, UEMOA). Plusieurs zones d’ombres subsistent dans ce dossier. Comment la mystérieuse société Guo Star (SARL au capital de 3 millions de Franc CFA, bénéficiaire du marché des équipements militaires) a-t-elle pu obtenir une garantie de 103 milliards de Franc CFA de l’Etat malien?
Défendant Mahamadou CAMARA, l’un de ses proches collaborateurs s’étonne de la sélectivité du dossier. Aucun des gros poissons (évidemment présumés innocents) n’est pour l’heure inquiété. Ni Mme Fily Bouaré, ancienne ministre de l’Economie et des Finances, qui avait signé la lettre de garantie autonome de 103 milliards de Franc CFA en faveur de Guo-Star SARL, société privée appartenant, non pas à l’homme d’affaires et, à l’époque, Conseiller Spécial à la présidence de la République, Sidi Mohamed Kagnassi comme le subodorait-on mais à Amadou Kouma, encore moins l’ancien ministre de la Défense Boubèye Maiga. En clair, l’affaire des équipements militaires de l’armée malienne n’a pas encore livré tous ses secrets et toutes ses imbrications politiques, financières et juridiques.




