Alors que le Niger, engagé dans la guerre contre le terrorisme, cherche des fonds auprès des bailleurs de fonds dans le cadre bilatéral ou celui du G5, un rapport d’ audit (provisoire, en attendant la contradiction) annonce la disparition de 100 milliards de Franc CFA (150 millions d’euros) au ministère de la Défense sous forme de surfacturations et de paiements pour des armes non livrées. Des fournisseurs d’armes, proches du régime, auraient été invités à justifier de plusieurs milliards de Franc CFA. Le nom de l’homme d’affaires Boubé Hima, alias « Petit Boubé » revient avec insistance.
La patate chaude est en tout cas sur le bureau de Issoufou Katambé, nommé ministre de la Défense en septembre 2019 en remplacement de Kalla Moutari qui occupait ce poste depuis 2016. L’audit réalisé par l’actuel ministre de la défense sur instruction du chef suprême des armées, le président Issoufou Mahamadou, a mis en évidence des malversations financières entre 2011 et 2019. Sera-t-il suivi de l’ouverture d’une information judiciaire ? A quelques mois des présidentielles décisives, c’est plutôt une solution à l’amiable qui se profile. L’Etat voudrait faire rembourser les montants dus par les opérateurs économiques impliqués. Le mutisme du parquet en dit long sur la délicatesse de l’affaire.
