Au Maroc, en l’espace d’une journée, le fonds spécial de lutte contre le coronavirus (Covid-19) institué par décret publié le 17 mars 2020 au bulletin officiel a atteint tous ses objectifs. De BMCE Bank Of Africa du banquier Othman Benjelloun qui apporte une aide de 1 milliard de dirhams (100 millions d’euros), soit l’équivalent de 50% des bénéfices du groupe, au distributeur de produits pétrolier Ifriquia, filiale du groupe Akwa du milliardaire Aziz Akhnouch, qui avance le même montant (100 millions d’euros) dans la cagnotte, en passant par la Banque Centrale Populaire, (BCP), qui a mis le double, soit 200 millions d’euros, ou encore le holding Al Mada, maison mère d’Attijariwafa Bank, également contributeur à hauteur de 200 millions d’euros, ils sont tous passés à la caisse.
Outre la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), qui a contribué à hauteur de 200 millions d’euros, l’on relève aussi la contribution de l’Office chérifien des phosphates (OCP) à hauteur de 300 millions d’euros. Beaucoup de PME et de structures moyennes dans les secteurs des technologies de l’information ont aussi alimenté le fonds. Bref, la contribution du secteur privé marocain dépasserait largement le milliard d’euros (1,2 milliard d’euros exactement) selon nos informations.
A ces montants, s’ajoutent, côté secteur public, la contribution du Fonds spécial Hassan II à hauteur de 100 millions d’euros, celle des régions évaluée à 1,5 milliard d’euros (150 millions d’euros). Le Groupe MAMDA-MCMA apporte pour sa part une contribution financière de 500 millions de dirhams au fonds spécial pour la gestion du Covid-19. De même, les autorités ont précisé que l’amende de 3,3 milliards de dirhams (330 millions d’euros) infligée à l’opérateur Maroc Télécom viendra alimenter ce fonds. Créé sous instructions royales afin d’assurer le financement des mesures de prévention et de lutte contre le coronavirus et ses effets, le fonds marocain, qui était plafonné au départ à 1 milliard d’euros, démontre par la rapidité de sa constitution, volontariste et citoyenne, les bienfaits, pour tout pays, de promouvoir les champions nationaux et les avantages, pour tout Etat, de disposer de bras financiers et économiques puissants lui permettant de s’affranchir des désidératas des donateurs internationaux.
