La puissante famille Ghaddé qui a mobilisé des moyens humains, matériels et financiers considérables dans l’exploration des sables noirs, se trouve aujourd’hui dans l’expectative suite au départ du président Mohamed Abdel Aziz. Elle doit encore patienter jusqu’au mois de juillet 2020 pour être fixée sur le sort qui sera réservé à ses permis suspendus le 17 septembre dernier.
La levée de suspension de permis de sables noirs de sa société Wafa Mining & Petroleum (WMP SA) ou leur annulation reste tributaire des conclusions de l’étude environnementale stratégique pour l’exploitation du sable noir sur le littoral mauritanien que le ministère de l’Environnement compte entreprendre et dont la date d’achèvement est prévue au 24 juillet prochain. La procédure de sélection d’un prestataire pour mener cette étude est déjà lancée. Le nom du prestataire retenu sera connu le 10 mars et il entamera ses activités le 25 mars pour les achever au plus tard le 24 juillet.
En attendant, la famille Ghaddé – détentrice de 10% du capital de la junior aurifère canadienne Algold – doit prendre son mal en patience. Le départ de son protecteur, en l’occurrence Mohamed Ould Abdel Aziz, du pouvoir serait pour quelque chose dans ses déboires. Les Ghaddé ont vu leurs permis de sables noirs suspendus à l’issue d’un conseil de ministres présidé par Mohamed Cheikh El Ghazouani qui a eu lieu le 17 septembre dernier. C’est-à-dire quelques semaines seulement après la passation de pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz qui venait d’épuiser son second et dernier mandat présidentiel à Mohamed Cheikh Ould El Ghazouani investi chef de l’Etat le premier août dernier. Il leur est reproché d’avoir entrepris des permis de sables noirs situés sur le littoral mauritanien sans étude d’impact environnemental sérieuse.
Paradoxalement, Kenz – une société aurifère semi industrielle – qui elle aussi avait été emmenée à suspendre ses activités en même temps que Wafa mining and petroleum a repris les siennes récemment en dépit des vives protestations des habitants de Chami qui dénoncent une pollution de leur environnement dont la responsabilité incombe selon eux à Kenz. Ce cas viendrait signifier que l’ère des passes droits est révolue pour les Ghaddé mais ne fait que commencer pour d’autres ? Comme Kenz par exemple.




