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Tombée à une semaine de réserves de change, la RDC de Felix Tshisekedi se relève (S&P)

Notée CCC+ avec perspective positive depuis août 2019, la République Démocratique du Congo (RDC, CCC+/Positive/C) n’est pas encore sortie de l’auberge. Dans une note datée du 31 janvier 2020, l’agence Standard and Poor’s estime que « la position extérieure du pays reste extrêmement fragile ». En octobre 2019, les réserves de change de ce pays continent de…

Notée CCC+ avec perspective positive depuis août 2019, la République Démocratique du Congo (RDC, CCC+/Positive/C) n’est pas encore sortie de l’auberge. Dans une note datée du 31 janvier 2020, l’agence Standard and Poor’s estime que « la position extérieure du pays reste extrêmement fragile ».

En octobre 2019, les réserves de change de ce pays continent de 60 millions d’habitants sont tombées à un niveau dangereusement faible avoisinant 302 millions USD, soit une semaine d’importations, contre 657 millions USD à la fin 2018. Le gouvernement a dû faire appel à la Banque Centrale du Congo (BCC) pour financer son déficit budgétaire. Des mesures d’urgence, dont le décaissement de 266,5 millions de droits de tirage spéciaux (DTS) (environ 370 millions USD) via la facilité de crédit rapide (FCR) du FMI, ont permis de renforcer les réserves à la fin de l’année 2019, mais elles restent « insuffisantes » aux yeux de S&P.

Engagement de discipline budgétaire

Selon le FMI, les avances de la BCC ont avoisiné 603 milliards de francs congolais (FDC), soit 355 millions de dollars USD ou encore 0,7 % du PIB, alors que le cautionnement des prêts des banques commerciales s’est élevé à 372 milliards FDC, soit 0,4 % du PIB. Depuis octobre 2019, le gouvernement s’est engagé à ne plus faire appel aux avances de la BCC, à remettre en place la discipline budgétaire et à prendre des mesures à court terme pour reconstituer les réserves. Ces mesures, ainsi que le décaissement des fonds du FMI, ont contribué à accumuler les réserves qui s’élevaient à près de 900 millions USD à la fin 2019.

Selon l’Agence de notation, « l’apaisement des tensions intérieures et l’amélioration des relations internationales pourraient créer un environnement propice à une croissance économique plus généralisée et permettre au RD Congo de lever de nouveaux fonds auprès des créanciers et bailleurs de fonds internationaux ». De plus, S&P préconise une aide structurelle, essentielle pour remédier aux vulnérabilités extérieures du pays, qui sont considérables.

Dans ce contexte, la RD Congo a signé un Programme de référence approuvé par le FMI (SMP) en décembre 2019 pour développer une stratégie de réformes structurelles, qui pourrait bénéficier du soutien financier des bailleurs de fonds. La perspective positive, explique S&P, signifie que « nous pourrions relever de “ CCC+ “ à“ B- “ la note de crédit souverain de long terme de la RD Congo en 2020 si le nouveau gouvernement parvenait à obtenir un soutien financier suffisant de la part des partenaires internationaux et s’il continuait à rembourser à temps et intégralement sa dette commerciale ».

Dans le cas contraire, S&P pourrait faire revenir la perspective à stable si les tensions intérieures s’intensifiaient, menaçant les institutions déjà faibles et l’économie fragile de la RD Congo. « Etant donné les marges de manœuvre très restreintes du pays, nous pourrions également revoir la perspective à stable si les pressions extérieures dépassaient nos prévisions actuelles, notamment si les prix du cuivre et du cobalt diminuaient de manière significative, ou si l’Etat recommençait de manière inattendue à financer son déficit budgétaire via la Banque centrale du Congo (BCC) ».

En définitive, les notes reflètent les risques d’intensification des tensions intérieures dans le contexte où la coalition entre le président nouvellement élu et le parti de l’ancien président est fragile. Ces risques, ainsi que les marges de manœuvre très restreintes de la RD Congo et sa forte vulnérabilité à une détérioration des conditions extérieures, pourraient menacer les institutions déjà faibles et l’économie fragile du pays.

Risque de défaut: peu probable malgré tout

Par conséquent, la capacité de la RD Congo à respecter ses engagements financiers à moyen et long terme dépend de conditions commerciales, financières et économiques favorables, comme l’explique S&P. « Les notes expriment également notre compréhension que seule une faible partie de la dette commerciale du pays arrivera à échéance à l’horizon de nos prévisions jusqu’en 2023, ce qui rend peu probable un défaut de paiement significatif. D’après nos informations, la dette financière de la RD Congo est constituée essentiellement d’arriérés de paiement existants et d’une dette extérieure récemment renégociée par rapport à laquelle le pays est à jour ».

En août 2019, le FMI a conclu ses premières consultations au titre de l’article IV en RD Congo depuis 2015. Par la suite, en décembre 2019, le conseil d’administration du FMI a approuvé un décaissement de 266,5 millions de DTS (environ 370 millions USD) au titre de la FCR pour répondre aux besoins urgents de balance des paiements. En même temps, le gouvernement a signé un SMP avec le Fonds. Ce programme, qui prendra fin en mai 2020, n’est pas assorti de financement ; il vise à mettre en place une stratégie globale de réformes qui pourrait être soutenue par une facilité de crédit élargie. Il en résulterait un ancrage politique solide, des financements plus importants et des appuis financiers supplémentaires de bailleurs de fonds. Les discussions avec d’autres partenaires internationaux seraient en cours. Selon nous, ce soutien, qui dépendra de la mise en œuvre concrète des réformes, est essentiel pour renforcer la position extérieure fragile de la RD Congo et financer le plan de développement du président Tshisekedi. 1 Franc Congolais = 0,00059 USD.

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