Va-t-on vers une évolution de la jurisprudence en matière de cession des blocs miniers et pétroliers ? L’Etat algérien via la compagnie publique Sonatrach dit s’opposer au projet d’acquisition par Total des actifs d’Anadarko en Algérie. C’est ce qu’a déclaré le ministre Mohamed Arkab, arguant de « l’incompatibilité » de cette transaction avec la législation algérienne.
« En conséquence, Sonatrach exercera son droit de préemption sur les intérêts détenus par Anadarko en Algérie », précise un communiqué du ministère cité par l’agence officielle APS.
Total a annoncé début mai la signature d’un accord avec l’américain Occidental Petroleum en vue du rachat pour 8,8 milliards de dollars (7,9 milliards d’euros) des actifs pétroliers et gaziers du groupe Anadarko en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud, dans le cadre d’une OPA d’Occidental Petroleum sur Anadarko.
Dans les autres pays cités, la transaction ne pose aucun problème, se faisant loin de la puissance publique. En évoquant son droit de péremption, l’Algérie fait évoluer une coutume qui a vu des milliards de dollars de transaction sur des blocs africains se faire dans une relative opacité sans le droit de regard des États. Reste à savoir si le ministre algérien n’est pas seulement entrain de négocier une clause de sortie sous forme de bonus en flattant l’égo de ses compatriotes au passage.




