Le Nigeria n’a pas tardé à émettre les réserves suite à l’annonce de la mort du Franc CFA et de l’entrée en vigueur de l’Eco dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Briefé par le président Alassane Ouattara en marge de la 56 ème conférence ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, tenu le 21 décembre à Abuja, soit une journée après l’annonce conjointe par la France et la Côte d’Ivoire de la fin du Franc CFA, le président Muhammadu Buhari s’est réjouit de l’accord conclu entre l’UEMOA et la France.
Mais, au delà de la posture diplomatique, Abuja exigerait que » les pays de l’UEMOA soient encore plus indépendants de l’Hexagone », en pointant du doigt la « garantie » française rattachée à la future monnaie et la « parité fixe ».
En fait, croit-on savoir, Abuja, confrontée à une inflation de 11,85%, chercherait à gagner du temps dans l’adoption des critères de convergence qui fixent une limite maximale de 10% pour ce ratio. Le plus grand pays de la CEDEAO a vécu en 2017 sa première récession depuis 25 ans et devrait finir l’année sur une croissance de moins de 2%. Dépendant à 90% du baril de pétrole, Abuja devrait entamer de profondes réformes pour pouvoir remplir les critères exigés par l’Eco.
C’est ce qui transcende dans les déclarations du ministre nigériane des Finances, Zainab Ahmed, à l’AFP : « il reste encore du travail à faire individuellement pour répondre aux critères de convergence ».
Du reste, les Chefs d’Etat de la CEDEAO se sont félicités des réformes en cours au sein de l’UEMOA. Dans son communiqué final, la 56 ème conférence des chefs d’Etat et de gouvernement a invité le comité ministériel à accélérer la feuille de route en vue de la monnaie unique en 2020. Notons que le symbole de l’Eco a été adopté en marge du sommet. Idem pour le sigle de la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest (BCAO) qui gérera les finances et la monnaie de la CEDEAO.
