Nommé en début de semaine PDG de la Banque nationale d’Algérie (BNA), Ferhata Miloud a pris fonctions mercredi 11 décembre en succession de Aboud Achour, condamné la veille à 3 ans de prison ferme dans des affaires de corruption impliquant des ex-ministres, hauts responsables et hommes d’affaires.
« Ce changement ne peut être perçu que comme un signe de la redynamisation de cette importante banque publique, appelée à jouer un rôle plus fondamentale dans l’organisation bancaire et financière », selon le ministre des Finances, Mohamed Loukal lors de la cérémonie de passation entre le nouveau manager et l’intérimaire Rahali El Houari dans les locaux de la banque à Alger.
« Le rôle des banques, en contexte de difficultés financières, dans le financement sain et durable de l’économie, est plus que jamais crucial », a-t-il déclaré. « La collecte des ressources est l’un des talons d’Achille de notre système bancaire », selon le ministre qui se prive de tout commentaire relatif à la direction d’Aboud Achour, placé à la tête de la BNA depuis 2015.
L’ex-DG de la banque publique, entre-temps devenu président de l’association professionnelle des banques et établissements financiers (ABEF), avait été placé en juin dernier en détention provisoire par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger. Ce dernier a rendu mardi 10 décembre, son verdict dans l’affaire des usines de « montage automobile » et du financement occulte de la campagne électorale d’Abdelaziz Bouteflika, et condamné Aboud Achour à 3 ans de prison ferme, contre 15 et 12 ans respectivement pour l’ex-premier ministre Ahmed Ouyahia et l’ancien premier ministre Abdelmalek Sellal.
« Réformes »
Décidé par la présidence, ce changement à la tête de la banque avait été annoncé, le 9 décembre, avec la nomination de Latrèche Lazhar à la direction de la Banque extérieur d’Algérie (BEA), une autre banque publique. Ces nominations interviennent quelques mois après l’annonce des réformes à opérer prochainement de la gouvernance des banques publiques du pays.
Des réformes qui, d’après l’exécutif, concernent la professionnalisation des conseils d’administrations par l’intégration de membres indépendants choisis sur la base de leur professionnalisme, de leur maîtrise des services bancaires, financiers et économiques et de la technologie numérique, tout en séparant le rôle du conseil d’administration de celui de directeur général exécutif, chargé de la gestion opérationnelle de la banque.
