La vague d’arrestations des proches de l’ex directeur de cabinet du président Ali Bongo est suivie de près par la communauté d’affaires. Remplacé il y a trois semaines et nommé ministre chargé du Suivi de la stratégie des investissements humains et des objectifs de développement durable, Brice Laccruche Alihanga voit l’opération Mamba cibler son cercle rapproché et son mouvement, l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev).
Ainsi, l’arrestation de Ike Ngouoni, chargé de communication à la présidence, le 21 novembre 2019, par la Direction générale des services spéciaux (DGSS), a accéléré les événements. Depuis, la liste des auditionnés et des interpellés ne cesse de s’allonger, touchant Ismaël Ondias Souna de la Société Equatoriale des Mines (SEM), Jeremy Ayong, ancien DGA de Gabon Oil Marketing (GOM),Renaud Allogho Akoué, ancien directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), limogé le 7 novembre,Herman Nzoundou Bignoumba, l’ADG de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).
Contexte
Tout semble corroborer une opération mains propres dans les cercles du pouvoir. Le 18 novembre, le procureur de la République, Olivier N’Zahou, affirmait que «suite à des informations précises et graves», le parquet de la République a ouvert une série d’enquêtes «sur des soupçons de corruption et de blanchiment de grande envergure pouvant impliquer des agents publics et des sociétés privées».
Pour le moins, ces arrestations rencontrent l’assentiment du Palais du bord de mer. Interrogé récemment par le quotidien gabonais l’Union, le président Ali Bongo a mis l’accent sur la lutte contre la corruption, fléau pour lequel, «un ministre dédié a été nommé en juin dernier. Et il y a quelques mois, j’ai promulgué un nouveau code pénal qui renforce les sanctions en matière de corruption » a évoqué le premier magistrat gabonais, «farouchement déterminé à ce que ce combat contre la corruption continue».
Et le président d’insister: « le Gabon ne saurait être à la traîne des exigences internationales. C’est une question d’éthique, de morale, mais aussi d’efficacité. L’opération Mamba reste plus que jamais d’actualité ». Dont acte.
