A la suite du président béninois Patrice Talon annonçant la fin du placement de 50% des réserves de change des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dans le compte d’opération du Trésor français, le tchadien Idriss Deby, membre de la Communauté économique des États de l’Afrique Centrale (CEMAC), s’est déclaré favorable à la révision des accords liant la zone Franc à la France.
Toutefois, l’homme fort de N’Djamena semble demander à ne pas jeter le bébé avec l’eau de bain. «Est-ce que c’est le Franc CFA en tant que tel qui pose problème ou bien c’est les accords monétaires qui posent problème ? ».
Une question fondamentale à laquelle le président n’a pas donné une réponse irrémédiable. «Il faut revenir à la table de négociation avec la France pour remettre en cause ces accords», poursuit-il appelant à ce que «cette monnaie devienne notre monnaie à nous en détruisant les accords».Plus tranchant encore, Deby en appelle au dialogue avec Paris. «L’injustice a trop duré, il est temps que le dialogue commence avec la France pour clarifier les choses, pour nous permettre à nous d’avoir notre souveraineté monétaire. On ne l’a pas aujourd’hui.»
Puis en venant à l’Eco, la monnaie unique de la CEDEAO, Idriss Deby lâche derechef:« à quoi sert de changer un blanc bonnet par un bonnet blanc? On doit aller tout droit au but : il faut refaire les accords, il faut remettre en cause les accords monétaires. C’est tout», a conclu le dirigeant tchadien.




