Babatunde Fowler vient de recevoir une étrange requête sous pli de la présidence nigériane. La lettre parvenue à l’intéressé le 8 août, s’interroge sur la baisse des recettes enregistrées entre 2015 et 2018. Sommé de répondre dans les plus brefs délais, le directeur devrait s’expliquer pourquoi les recettes fiscales intérieures, en hausse constante sous l’ère Goodluck Jonathan, sont en chute depuis l’arrivée du président Muhmmadu Buhari au pouvoir.
En 2015, la collecte s’élevait à 3 740 milliards de nairas (9,9 milliards de dollars) contre un chiffre d’affaires cible de 4 570 milliards de nairas. L’année suivante, FIRS a abaissé la barre et fixé un objectif de 4 200 milliards de N, mais n’a réussi à atteindre que 3 300 milliards de N. En 2017, la cible était de N4 890 milliards pour une collecte de N4.020 milliards . Les recettes collectées en 2018 ont considérablement augmenté pour atteindre 5 322 milliards de nairas, mais sont restées inférieures de 1 433 milliards de nairas à l’objectif de départ, soit 6 755 milliards de nairas (18 milliards de dollars).
Autant de différences qui risquent de coûter son poste à Babatunde Fowler même si la présidence s’est empressée de préciser que la demande d’explication adressée à ce haut cadre ne signifie pas pour autant l’ouverture d’une enquête. Pour rappel, la masse fiscale représente 6% du PIB nigérian contre 24% en Afrique du Sud.
