L’agence de notation Moody’s a emboité le pas à Standard & Poor’s en attribuant sa première note au Togo. Il s’agit d‘une B3 assortie d’une perspective stable pour le pays d’Afrique de l’ouest qui s’apprête à lever 500 millions d’euros sur les marchés financiers internationaux.
La solidité économique du Togo est jugée « faible (-)» ; c’est du moins le premier des principaux facteurs évoqués par Moody’s. Cette situation serait due à des niveaux de revenu, mais aussi de compétitivité et de diversification, très faibles qui continueront, à moyen terme, à limiter la capacité d’absorption des chocs de l’économie togolaise malgré une croissance soutenue.
L’agence soutient également sa notation par une solidité institutionnelle « très faible », justifiée par des indicateurs de gouvernance internationaux très faibles et des antécédents reflétant une capacité limitée de mise en œuvre des politiques budgétaires, que reflète l’accumulation d’arriérés de paiement et de la dette. « Si le programme du FMI a, ces dernières années, favorisé l’ancrage de la politique budgétaire et économique du Togo, ses institutions demeurent, très fragiles à l’échelle mondiale », souligne-t-elle.
Par ailleurs, Moody’s juge « très faible (+) » la solidité des finances publiques du Togo, reflétant une dette publique élevée et en forte hausse depuis l’allègement de la dette qui lui a été concédé en 2010. « Selon son scénario de référence, Moody’s anticipe, comme en 2017, une diminution progressive du ratio de dette publique sur PIB. Néanmoins, alors qu’il se situait à 27% en 2010 grâce à l’allégement de la dette concédé au gouvernement togolais dans le cadre de l’Initiative pays pauvres très endettés, le niveau de la dette a plus que doublé en sept ans et demeurera élevé », écrit l’agence de notation.
Le quatrième facteur principal sur lequel se repose Moody’s est l’ « exposition » « modérée (+) » au risque événementiel lié au risque politique à caractère domestique et au risque de liquidité du gouvernement. « Le premier risque est avant tout celui de perturbations susceptibles d’entraver le bon fonctionnement de l’économie et du gouvernement en cas de montée soudaine de la contestation sociale. Le second est lié à l’importance des besoins de financement bruts – près de 15% du PIB – sachant néanmoins que le Togo bénéficie d’un accès au financement relativement stable et, dans l’ensemble, suffisant », estime Moody’s.
« La perspective est stable, reflétant le scénario de référence de Moody’s qui anticipe un fléchissement progressif du ratio de dette sur PIB ainsi qu’un refinancement, à un coût soutenable, des échéances de dette importantes exigibles par les créanciers de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en 2020 et 2021. », ajoute encore l’agence qui, en outre, fixe à Ba3, l’ensemble des plafonds pour les dépôts et pour les obligations en monnaie locale et devises.
Cette notation est annoncée quelques jours après la publication de celle de l’agence Standard & Poor’s. Cette dernière avait attribué au Togo, fin mai 2019, une note «B» à court et à long terme en monnaie étrangère et locale.
En rappel, le Togo va émettre prochainement un eurobond de 500 millions d’euros pour régler une partie de sa dette intérieure.
