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Pathé DIONE, PDG du Groupe SUNU: «Nous confirmons notre leadership en Vie en zone CIMA»

L’assurance est certainement le secteur le plus intégré dans la zone de la Conférence interafricaine des marchés de l’assurance (CIMA, 14 pays), qui regroupe en fait, principalement, les zones CEMAC et UEMOA. Le sénégalais Pathé Dione, qui a démarré l’histoire du groupe Sunu il y a 22 ans incarne cette intégration, avec un groupe présent…

L’assurance est certainement le secteur le plus intégré dans la zone de la Conférence interafricaine des marchés de l’assurance (CIMA, 14 pays), qui regroupe en fait, principalement, les zones CEMAC et UEMOA. Le sénégalais Pathé Dione, qui a démarré l’histoire du groupe Sunu il y a 22 ans incarne cette intégration, avec un groupe présent dans plus de 14 pays. Nous l’avons interviewé pour à la fois recueillir son sentiment sur l’augmentation du capital minimum des sociétés d’assurance, le sens à donner à la reprise récente des filiales du groupe Allianz et, last but not least, sa promesse de ne pas vendre Sunu. Exclusif.


Monsieur Pathé DIONE, le groupe SUNU est aujourd’hui leader de l’assurance-Vie en zone CIMA. Que doit-on dire de votre bilan en 2018?


Nous confirmons notre leadership en Vie en zone CIMA avec un chiffre d’affaires global de 165 milliards de FCFA à fin 2018. Même si la concurrence est rude, nous nous efforçons de conserver cette place.

Il faut cependant noter que l’année 2018 a été un challenge compte tenu de la très forte baisse des valeurs de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) et de tous les sous-jacents qui s’appuient sur ses indices. Cela a eu pour conséquence la constitution de provisions importantes dans certaines filiales du Groupe, affectant ainsi notre rentabilité.


Comment votre groupe et vos différentes filiales envisagent-ils le triplement du capital minimum en zone CIMA ?


A ce jour, l’ensemble des sociétés du Groupe SUNU en zone CIMA a atteint le niveau de capital minimum requis par la Commission Régionale de Contrôle des Assurances (CRCA). Certaines de nos sociétés respectaient déjà ces dispositions depuis l’année dernière. Pour les autres, cela s’est fait à bonne date. Avec la récente acquisition des cinq sociétés Allianz, les fusions en cours permettront d’atteindre ou de dépasser le niveau de capital demandé dans ces compagnies.


Pensez-vous que la consolidation espérée à travers ces relèvements de capital minimum du secteur soit une bonne nouvelle pour les assurés ?


La consolidation dans un marché émietté est toujours une bonne chose. L’objectif est d’arriver à avoir des acteurs financièrement solides et professionnellement engagés, pour le bénéfice des assurés, des bénéficiaires de contrats et des investisseurs. Le bien-fondé de cette décision du régulateur exigeant le triplement du capital social des compagnies a été largement discuté mais le régulateur n’a pas changé sa position. Les problèmes évoqués par les assureurs sont réels. L’augmentation de capital, à ce rythme et dans des délais si courts, les conduit à mettre des sommes considérables en dépôts à terme dans les banques. Ce sont finalement ces dernières qui sont les principales bénéficiaires de cette mesure.

La même situation va se reproduire en 2021 avec l’augmentation de capital qui devra passer à 5 Milliards FCFA.
L’ensemble de la profession va certainement se rapprocher du régulateur pour essayer de le convaincre de repousser l’échéance de la deuxième phase d’augmentation de capital.


Comment interpréter la reprise récente par SUNU de certaines filiales du groupe Allianz ?


Allianz a accordé sa confiance à un groupe panafricain de référence pour reprendre certaines de ses filiales africaines. Le Groupe SUNU a été retenu. Nous en sommes ers car avec ces acquisitions, nous consolidons notre présence au Togo, Mali, Burkina, Bénin et Centrafrique pour offrir des solutions plus complètes, avec la même rigueur professionnelle et la même qualité de service.


Il ya deux ans,vous déclariez que SUNU n’est pas à vendre. Est-ce à dire que la porte est définitivement fermée aux alliances stratégiques et capitalistiques ?


Le Groupe SUNU a depuis toujours procédé soit à des acquisitions de sociétés soit à des créations ex-nihilo. Nous considérons que pour le moment nous n’avons pas besoin d’alliances capitalistiques. Nous avons fonctionné depuis 20 ans sans apport d’un partenaire stratégique et nous voulons continuer dans ce sens. Il viendra certainement un moment, après consolidation de nos acquis, où nous aurons besoin d’un partenariat stratégique.


Quid de l’évolution de vos rapports si spéciaux avec Axa alors que cette dernière montre des velléités de reconquérir le terrain perdu dans l’assurance vie ?


Nous avons des relations privilégiées avec Axa. Les premières sociétés du Groupe SUNU sont celles acquises avec Axa. En ce qui concerne la stratégie ou la politique d’Axa, il ne nous appartient pas de nous prononcer là-dessus.


Votre présence au Sénégal est plutôt discrète. Est-ce à dire que même en Assurance nul n’est prophète en son pays ?


Nous avons deux compagnies d’assurances (SUNU Assurances Vie Sénégal et SUNU Assurances IARD Sénégal), et une société de micro nance (Kajas Micro nance). SUNU Assurances Vie Sénégal, qui a été la toute première société acquise du Groupe, occupe la troisième place sur le marché sénégalais. SUNU Assurances IARD Sénégal, beaucoup plus jeune que la première et bien qu’occupant la dixième place, fait partie des sociétés les plus rentables du marché. Le Chi re d’a aires des deux sociétés en fin 2018 dépasse les 12 Milliards de FCFA.


Vous avez fêté les 20 ans de SUNU en 2018. Quels sont parmi vos collaborateurs et partenaires ceux qui vous ont marqué ?


Je pense qu’il n’y a pas à citer une personne ou un partenaire en particulier car le mérite revient à l’ensemble. Derrière les chiffres, il y a les Hommes. Chacun, à son niveau, a positivement contribué à placer le Groupe à cette position d’excellence. Nous avons d’excellentes relations avec l’ensemble de nos partenaires, courtiers nationaux et internationaux, et ils contribuent tous à l’atteinte de nos objectifs.


Nous vous imaginons plutôt libéral. Quel est le penseur ou l’écrivain qui vous inspire?


Si vous appelez libéral quelqu’un qui souhaite évoluer dans un environnement de libre concurrence, je veux bien être qualifié de libéral. Par ailleurs, je n’ai pas d’écrivain préféré mais je lis énormément. Actuellement vous trouverez sur ma table de chevet une lecture anthropologique du Coran faite par Jacqueline Chabbi dans son livre « Les trois piliers de l’islam » et « How democracies die » écrit par deux professeurs de Harvard Steven Levitsky et Daniel Ziblatt.

Propos recueillis par Adama Wade

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