Le Zimbabwe renoue avec l’orthodoxie monétaire sous les applaudissements du FMI. Hararé qui va décaisser entre 3 et 10 milliards de dollars pour indemniser 737 fermiers blancs spoliés sous l’ère Mugabe est parvenue, vendredi, à un accord avec le Fonds monétaire international. Il s’agit d’un accord sans décaissement, l’institution assistant le pays de ses conseils tout en l’interdisant de contracter de nouveaux prêts jusqu’en mars 2020.
Selon la convention, le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa cessera d’emprunter auprès de la banque centrale pour payer ses factures. Fini donc la planche à billets. Le gouvernement n’a d’ailleurs plus sollicité le guichet de la Banque Centrale depuis décembre 2018.
La mesure permet de confronter la nouvelle monnaie, « RTGS dollars », lancée en février dernier pour faire face à la pénurie de devises. Seul hic, cette nouvelle monnaie est en dépréciation continue, aggravant les pénuries de carburant et d’autres produits de première nécessité.
L’année dernière, le gouvernement a emprunté l’équivalent de plus de la moitié de ses revenus à l’impression de billets. Pour cette année, il s’agira de serrer la ceinture. Le ministre des Finances du Zimbabwe, Mthuli Ncube, a pour objectif de réduire le déficit budgétaire du gouvernement à environ 4% du produit intérieur brut en dollars RTGS contre plus de 7% en 2018.
La nation de l’Afrique australe doit 8,8 milliards de dollars bailleurs étrangers, dont 2,6 milliards en retard dans les arriérés de paiement envers la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et la Banque européenne d’investissement.
En signant avec le FMI, Hararé espère convaincre les bailleurs d’effacer son ardoise. Un pari qui requiert beaucoup d’efforts et de patience.
