S’il a fallu un costume donné en cadeau pour rendre un candidat inéligible en France, au Malawi, un présumé pot-de-vin de 200 000 dollars offert par un homme d’affaire au président Peter Mutharika, 78 ans, n’a pas empêché ce dernier de battre l’opposition. De justesse cependant.
Celui qui avait été élu en 2014 sous le slogan de la « lutte anti-corruption » s’est retrouvé impliqué dans une affaire de pots-de-vin, soupçonné d’avoir reçu plus de 200.000 dollars d’un homme d’affaires qui avait décroché un contrat de plusieurs millions de dollars auprès de la police. Le Parti démocratique progressiste (DPP, au pouvoir) affirme que l’argent a depuis été remboursé, mais n’a pas avancé de preuve.
Ce professeur de droit dirige depuis 2012 le DPP, dont il a hérité à la suite de la mort de son frère alors président, Bingu wa Mutharika, victime d’une crise cardiaque. Dans la foulée de ce décès, Peter Mutharika s’est retrouvé au cœur d’une rocambolesque saga. Il est soupçonné d’avoir tenté de cacher le cadavre de son aîné mort, puis d’avoir intrigué pour empêcher la vice-présidente Joyce Banda d’hériter, conformément à la Constitution, du fauteuil présidentiel. Un avion avait même été affrété pour faire hospitaliser le président –pourtant déjà mort– en Afrique du Sud.
Réélu dans un contexte de mécontentement général, le politicien promet de transformer son pays: “Si vous me donnez cinq ans supplémentaires, je transformerai ce pays au point que vous ne le reconnaîtrez pas (…). On arrivera au niveau de Singapour ou de la Malaisie.”Le bilan économique de son premier mandat est pourtant contrasté. La croissance a baissé de 5,7% à 4% depuis 2014 mais le taux d’inflation a reculé de 23 à 9%, selon le Fonds monétaire international (FMI).
