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Ecobank TI: les pertes record de PIC déclenchent une enquête en Afrique du Sud

La première sortie du fonds de pension sud-africain sur le terrain continental aura été désastreuse. En avril 2012, Public Investment Coporation (PIC) avait, rappelons-le, investi 250 millions de dollars (l’équivalent de 2 milliards de Rands) dans le Groupe Ecobank, basé à Lomé. Sept ans plus tard, le bilan est amer. Une commission d’enquête conduite par…

La première sortie du fonds de pension sud-africain sur le terrain continental aura été désastreuse. En avril 2012, Public Investment Coporation (PIC) avait, rappelons-le, investi 250 millions de dollars (l’équivalent de 2 milliards de Rands) dans le Groupe Ecobank, basé à Lomé. Sept ans plus tard, le bilan est amer. Une commission d’enquête conduite par le juge Lex Mpati, ancien président de la Cour Suprême, a auditionné les principaux protagonistes sud-africains de ce dossier.

L’investissement a fait perdre 165 millions de dollars, soit 66%, poussant la commission à examiner de prêt ce placement dont l’impact sera lourd sur le rendement de l’épargne des fonctionnaires sud-africains. Une commission d’enquête a été instituée auditionnant plusieurs témoins dont Altu Sadie, ancien directeur financier pour les services bancaires électroniques du groupe panafricain, licencié en 2017 pour avoir relevé des irrégularités dans les livres de la banque. Lanceur d’alertes, Sadie affirmait que les bénéfices de la banque on été manipulés.

« Nous avons plaidé en faveur d’un licenciement abusif au Togo et nous avons obtenu gain de cause contre Ecobank le 7 mai 2019. Nous attendons toujours le jugement final », a déclaré Sadie. Ecobank a cependant interjeté appel.

Principal témoin dans cette affaire Ecobank, Sadie a mis en évidence les pertes record enregistrées par le fonds de pension. Loin de se remettre en cause dès les premiers exercices, PIC a continué à investir, en signant un prêt revolving de 98 millions de dollars en décembre 2016, suivi d’une obligation convertible de 250 millions de dollars en septembre 2017, déclare Altu Sadie à la commission d’enquête.

La Commission d’enquête s’est par ailleurs interrogée sur les raisons qui ont poussé Dan Matjila, l’ancien CEO de PIC, à miser sur cet investissement spéculatif plutôt que sur Stanbic Bank IBTC. En comparaison avec la notation AAA de premier rang attribuée à Stanbic par IBTC, Ecobank était notée B, une note bien inférieure à celle de Stanbic.

L’investissement initial du PIC, qui lui a permis d’acquérir une participation de 18% dans Ecobank, lui a donné un fauteuil d’administrateur non exécutif au sein de la banque. Coopté dans le board, le directeur général de PIC, Dan Matjila, a perçu des honoraires d’administration de 100 000 dollars, des indemnités diverses d’environ 3 000 dollars ont été versés ainsi qu’un montant de 20 000 dollars pour l’achat de deux billets d’avion en première classe.

Pour sa part, Dan Matjila n’a pas contesté le rapport Ernest and Young (voir Dossier Financial Afrik dans le volume II du rapport EY) , que le conseil d’administration d’ETl avait refusé coûte que coûte de présenter à la Cour. A sa décharge, Matjila déclare qu’il n’aurait jamais entraîné PIC dans Ecobank s’il avait eu connaissance des problèmes de gouvernance mis en évidence par le rapport EY un peu plutôt.

Ce rapport était particulièrement accablant, révélant des investissements immobiliers réalisés au nom de la banque et sans l’aval du conseil d’administration. L’ancien CEO de Ecobank, Thierry Tanoh, licencié en 2014 par une puissante coalition au sein de la banque a été blanchi par le lanceur d’alerte sud-africain. Sadie a déclaré que Tanoh avait essayé d’améliorer la gouvernance au sein de la banque, comme le montre un rapport d’audit d’Ernst & Young.

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