Le limogeage du Directeur Général de la Camair, Ernest Dikoum, est la principale information qui ressort du conseil d’administration extraordinaire qui s’est tenu ce lundi 27 mai 2019 à l’Hôtel Hilton de Yaoundé. Il est remplacé par Louis Roger Njipendi Kouotouo, jusque-là Président du Conseil d’Administration de Camair-Co.
Ernest Dikoum avait pris les rênes de la compagnie nationale camerounaise en 2016 à l’issue du conseil d’administration organisé le lundi 22 août, en remplacement de Jean-Paul Nana Sandjo.
Suites aux changements intervenus ce 27 mai 2019, le ministre des Transports, Jean Ernest Ngalle Bibehe Massena, devient le nouveau PCA. Le directeur général adjoint, Moussa HABOUBA, a également été limogé et remplacé par Max Constant MVE, ancien directeur de la maintenance Camair-Co.
Louis Roger Njipendi Kouotouo devient le sixième directeur général de la compagnie depuis le démarrage de ses opérations en 2011. Il arrive au moment où le transporteur camerounais traverse une forte zone de turbulence. Ancien Directeur régional d’Emirates à Dakar, Ernest Dikoum n’a finalement pas résisté à la crise financière et managériale qui secoue depuis plusieurs années Camair Co.
La compagnie camerounaise ne dispose plus que de deux avions opérationnels (un MA60 et un Bombardier Q400). Les deux 737-700, qui assuraient l’essentiel du trafic régional, ont été mis hors service, respectivement en janvier et février dernier. Leurs moteurs ont atteint les limites programmées d’utilisation et nécessitent une maintenance dont le coût est estimé à 8,4 millions d’euros, selon le plan de sortie de crise publié par Camair-Co. Depuis le debout du mois, la compagnie a suspendu l’ensemble de son réseau régional qui compte sept destinations ; Le personnel accuse plusieurs mois d’arrières de salaires.
D’après le plan de sortie de crise présenté en janvier dernier, Camair-Co projetait à l’immédiat la mobilisation de 3,8 millions d’euros pour la location de deux Q400 et un 737-800 et une autre enveloppe de 9,3 millions d’euros pour le démarrage du mécanisme d’escompte. Il vise en outre une mobilisation de 73 millions d’euros pour la poursuite du financement de la relance. L’ancien directeur n’excluait pas, par ailleurs, l’ouverture du capital de l’entreprise au secteur privé.




